28 avril 2008

BURIAL PERMIT AND MRS. LINDSEY'S ACKNOWLEDGEMENT - RAPPORT DU CORONER ET PERMIS D'INHUMER RICHARD LINDSEY





















Le permis d'inhumer de Frederick Claar
Le permis d'inhumer d'Eugene Lindsey et une lettre de Madame Lindsey accusant réception des effets personnels de son mari et de son fils.
Le coroner permet l'inhumation de Richard Lindsey.

Cliquez sur les images pour lire ces documents.

POMPE À ESSENCE ET REÇU DU GARAGE



La pompe à essence que les policiers
ont trouvée dans l'appartement de
la maîtresse de Coffin à Montréal.
Ci-haut, cliquez sur l'image pour
lire la facture du Garage Gérard.
Cette pompe à essence provient
du Centre d'archives du Bas-Saint-
Laurent-Gaspésie-Les Iles.

27 avril 2008

SIMPLE MÉSENTENTE - MISUNDERSTANDING



SIMPLE MÉSENTENTE MISUNDERSTANDING

Je reçois occasionnellement des commentaires désagréables de gens qui mettent en doute les propos que je rapporte sur mon blogue. À ceux-là, je dis que j’ai en ma possession les transcriptions sténographiques du procès de Percé et celles de la Commission Brossard. J’ai de plus, le dossier de police. Il ne m’est pas possible de tout afficher sur ce blogue.
À titre d’exemple, voici l’intervention de Madame Margo Roberts et la réponse que je lui ai écrite ;

Mr. Fortin,
On your posting you have stated"...Mrs. Stanley, Wilbert Coffin's sister and other persons, obtained a series of receipts from people who pretended having made to Wilbert Coffin payments...."I have a question for you. What proof do you have that these people"pretended" to have given money to Wilbert Coffin? After all you must surely have sworn affidavits from these people or some other proof in your possession that these people all acted dishonestly. Are all these people still alive so you could actually have spoken to them and thus expose the deceit? I know for a fact that Mrs. Stanley is not alive and there is no way you could have spoken to her to try and come to the truth in this matter. Over the years enough "good" people have had their reputations tarnished by misinformation in dealing with this whole affair. I find it appalling that you, a lawyer, of ALL people would continue to insinuate facts that are totally erroneous about this case.
Margo Roberts

Voici ma réponse:

Ms. Margo Roberts,
For this part of his report, justice Brossard based in writing on the testimonies, namely, of Rhoda Coffin (Mrs. Stanley). Here is the reference: Transcripts of the Royal Commission of Enquiry into the Coffin Affair, vol. 32, O1R_E131_06_ 1440 and following (pages7146 to 7154).

IN THE COMING WEEKS, I SHALL POST EXCERPTS FROM THE TESTIMONIES OF THE COFFIN FAMILY BEFORE THE BROSSARD COMMISSION, THAT IS, WILBERT COFFIN'S MOTHER (MRS. ALBERT COFFIN (NÉE JESSICA LANGUEDOC), HIS SISTER RHODA (MRS. STANLEY) AND HIS BROTHERS DONALD AND LESLIE.

Je vous invite aussi à relire les textes sur LES CONCESSIONS MINIÈRES ET L'ARGENT DÉPENSÉ PAR COFFIN et la traduction que j'ai déjà affichés en trois parties sur ce blogue. En voici les liens en français et en anglais:

http://fortinclement.blogspot.com/2008/01/les-concessions-minires-de-coffin-et.html
http://fortinclement.blogspot.com/2008/01/coffins-mining-claims-and-expenses.html#c5595146616944200660

25 avril 2008

COFFIN IN THE CANADA DEATH PENALTY INDEX - AN ERROR IN GOOD FAITH, NO DOUBT


Coroner's report and warrant for arrest.

Un commentateur me réfère au CANADA DEATH PENALTY INDEX
Je vous y réfère à mon tour en vous en indiquant le lien:
Le nom de Wilbert Coffin y apparaît en rouge.
http://members.shaw.ca/canada_legal_history/qc.htm#cloutiern

Ensuite cliquez sur le nom de Wilbert Coffin écrit en rouge ou sur le lien suivant pour lire des notes relatives à Coffin:
QUEBEC NOTES
http://members.shaw.ca/canada_legal_history/qc_notes.htm#coffinw

Ensuite, relisez l'extrait du rapport Brossard intitulé L'ENQUÊTE DU CORONER et en anglais CORONER'S INQUEST. J'ai publié ces textes sur ce blogue le 29 février 2008. Pour y accéder rapidement, cliquez sur les liens suivants pour le texte en français et le texte en anglais:




24 avril 2008

COFFIN S'ÉVADE DE LA PRISON DE QUÉBEC







L’ÉVASION DANS LA NUIT (RAPPORT BROSSARD, VOLUME 3, PAGES 518-525)

Un taxi attendait

Le 2 septembre 1955, l’honorable Juge Abbott de la Cour suprême rendait la décision par laquelle il refusait à Coffin la permission d’en appeler devant la Cour suprême de la décision finale de la Cour du banc de la reine de Québec.
Le 3 septembre 1955, Leslie Coffin et Weston Eagle obtenaient de Wilson MacGregor la déclaration dont nous avons longuement parlé au sujet de ce qu’il avait vu à l’arrière de la camionnette de Wilbert Coffin le 12 juin 1953.
Le même jour, madame Stanley, sœur de Wilbert Coffin et d’autres personnes obtenaient une série de reçus de gens qui prétendaient avoir fait à Wilbert Coffin des paiements au cours de la période qui précéda les événements tragiques de 1953. La chasse tardive à une nouvelle preuve destinée à obtenir un nouveau procès débutait pour tout de bon.
Or dans la nuit du 5 au 6 septembre 1955, vers les 1.30 heures du matin, Wilbert Coffin s’évadait de la prison de Québec, située dans le Parc des Champs-de-Bataille donnant sur la Grande Allée ; il retournait volontairement à la prison quelque deux heures plus tard.
Les événements qui se sont déroulés en dehors de la prison au cours de cette nuit ont fait l’objet devant nous d’une courte enquête.
Personne ne s’est enquis de ce qui s’était passé à l’intérieur des murs de la prison préalablement à l’évasion bien que le dossier complet de monsieur Eugène Létournean, directeur de la prison de Québec, eut été mis à la disposition de quiconque eut voulu obtenir des éclaircissements ; tout ce que nous savons, c’est que Coffin, pendant qu’il fut en dehors des murs de la prison avait un trousseau de clefs et un revolver « en savon » qu’il avait façonné de ses mains et qui lui aurait apparemment servi pour son évasion.
Quant à ce qui s’est passé une fois que Wilbert Coffin eut atteint la Grande Allée, nous avons eu des versions différentes sur des points importants ; il est cependant établi de façon certaine, qu’après avoir quitté la prison, Wilbert Coffin monta dans un taxi conduit par un M. Gaston Labrecque, qui, outre ses activités comme chauffeur de taxi se livrait à la lutte professionnelle, que Coffin se fit conduire tout d’abord à l’intersection de la route qui conduit au pont de Québec, puis de l’autre côté du fleuve, à la croisée de cette route avec la route Montréal - Rivière-du-Loup, qu’après une conversation avec Labrecque, qui put durer près d’une demi-heure, il se fit ramener à Québec chez Me Raymond Maher, à la demeure de ce dernier, d’où il fut conduit en compagne de Me Maher à la prison.
Le chauffeur Labrecque a donné de son voyage avec Coffin trois versions différentes : celle qu’il a donnée à un monsieur Napoléon Allard, sergent à l’un des postes de la Sûreté provinciale à Québec, la nuit même de l’évasion, l’affidavit qu’il a signé le lendemain 7 septembre 1955 chez Me Gravel qui l’avait rédigé, enfin le témoignage qu’il a rendu devant cette Commission. Entre ces trois récits, il y a des divergences assez intéressantes et importantes.
1. Dans sa déclaration au poste de police, Labrecque affirma que Coffin héla son taxi alors qu’il était stationné sur la rue Bourlamaque, près de la Grande Allée ; dans son affidavit chez Me Gravel, il déclara qu’il voyageait vers l’est sur le Chemin Ste-Foy, lorsque « I was asked for a pick-up by a man unknown to me. I stopped my car and I asked this customer where he wanted to go. His answer was that he wanted to reach Québec Bridge. I immediately took the direction of the bridge”. Devant cette Commission, le chauffeur Labrecque affirma qu’il était stationné à l’intersection de Chemin Ste-Foy et de la rue Bourlamaque, une intersection située plus d’un quart de mille au nord de celle de la rue Bourlamaque et de la Grande Allée, lorsque Coffin monta dans son taxi.
2. Les trois versions sont à peu près identiques quant au voyage qui s’accomplit entre le moment où Coffin monta dans le taxi et celui où le taxi eut atteint l’intersection de la sortie sud du pont de Québec et la route nationale Montréal – Rivière-du-Loup ; elles diffèrent cependant quant à la façon dont Coffin fit connaître à Labrecque son identité, quant au moment exact où il exhiba à Labrecque le revolver de savon qu’il avait sur lui et quant au caractère et à la durée de la conversation que Coffin et Labrecque échangèrent soit avant soit après que le revolver eût été exhibé.
3. Les trois versions sont uniformes sur le fait que Coffin aurait laissé voir qu’il ne savait pas où aller et sur le fait qu’éventuellement Coffin décida d’aller retrouver Me Maher pour finalement aller se remettre entre les mains de la Sûreté, mais elles sont sinon contradictoires, du moins, divergentes quant aux raisons qui amenèrent Coffin à prendre la décision de retourner à Québec ; tantôt il semblerait que ce soit Coffin qui aurait de lui-même exprimé le regret de sa fugue, tantôt il semblerait que ce soit Labrecque qui l’aurait persuadé de l’inutilité de sa fuite, tantôt que ce serait Me Maher qui l’aurait persuadé que son évasion pourrait être interprétée comme un aveu ; il n’apparaît pas, d’autre part, qu’en aucun temps de la conversation au cours du long arrêt de l’autre côté du pont de Québec Coffin n’ait le moindrement menacé Labrecque et que celui-ci ait pu en aucun temps éprouver quelque crainte que ce soit. Cependant, la version donnée par Labrecque, dans l’affidavit rédigé par Me Gravel, fut rédigée en des termes donnant clairement à entendre que Coffin s’était évadé dans un moment de désespoir, qu’il regrettait son geste et qu’à au moins deux reprises il avait manifesté à Labrecque son désir de retourner à la prison.
Est particulièrement caractéristique de la couleur que l’on chercha à donner à cet événement, dans l’affidavit signé chez Me Gravel, cette dernière allégation de l’affidavit : « Wilbert Coffin seemed to me to be an honest man and an gentleman and I cannot believe that he is a murderer ». Il y a pourtant dans l’Histoire Sainte de multiples exemples d’anges déchus.
Me Maher déclara avoir entendu Labrecque affirmer, au poste de la Sûreté, qu’il avait cueilli Coffin au coin des rues Grande Allée et Bourlamque, alors qu’il était stationné à 1.15 heure ou à 1.20 heure du matin à cet endroit peu fréquenté par des piétons à cette heure tardive.
On nous a également établi qu’à sa sortie de la prison Coffin était vêtu de ses vêtements de prisonnier et qu’il ne portait aucun pardessus.
Aucune preuve ne nous a été faite pour indiquer que lorsque Coffin héla le taxi de Labrecque, il courait ou qu’il ait été essoufflé en montant dans le taxi.
Il n’y a pas de doute, à notre avis, que Labrecque a cherché à nous induire en erreur en nous affirmant que Coffin était monté dans son taxi au coin du Chemin Ste-Foy et de la rue Bourlamque plutôt qu’au coin de la Grande Allée et de la rue Bourlamaque, qui est l’intersection la plus rapprochée de la prison de Québec.
Je ne puis cacher que je demeure perplexe devant les faits suivants : le hasard quasi providentiel qui a voulu, qu’à cette heure tardive de la nuite, le taxi de Labecque ait été stationné au coin de l’intersection la plus rapprochée de la prison de Québec, les variantes et les contradictions à ce sujet dans les trois versions de Labrecque, la facilité avec laquelle Coffin a pu prendre place dans le taxi de Labrecque sans que celui-ci ne se soit apercu qu’il portait des vêtements de prisonnier, le fait que Labrecque n’ait apparemment nullement été mis sur ses gardes par la manifestation par Coffin de son incertitude quant à l’endroit où il désirait se rendre avant que le taxi n’eut atteint l’autre côté du fleuve, l’absence apparente de nervosité de la part de Labrecque lorsqu’il apprit l’identité de son passager et lorsque celui-ci lui montra un revolver dont à ce moment Labrecque ignorait qu’il fut fait de savon, la décision rapide prise par Coffin, soit sur les conseils de Labrecque, soit de sa propre initiative, de se faire tout d’abord conduire chez Me Maher dans le but de retourner éventuellement à la prison, le fait que Coffin connaissait l’absence de Québec de Me Gravel, l’heureuse coïncidence que Labrecque ait connu, comme Coffin, et Me Gravel et Me Maher et que, de fait, il ait été lui-même un client de Me Gravel, et surtout la facilité avec laquelle Coffin a pu s’échapper de la prison, sans que, lorsqu’il fut cueilli par Labrecque il n’y ait eu apparemment qui que ce soit à sa poursuite, enfin la prompte utilisation que Me Gravel a pu faire des circonstances de cette évasion, lors de la visite que lui fit Labrecque dès le lendemain d’icelle, pour tenter de la transformer en une preuve indirecte de l’innocence de Coffin.
M. Hébert a consacré plusieurs pages de son volume à cet incident de l’évasion de Coffin ; enjolivant le récit, brodant autour des conversations de Coffin avec le chauffeur Labrecque et avec Me Maher, prêtant aux déclarations de Coffin un accent émouvant, interprétant l’entrevue que Coffin aurait eue avec le Gouverneur de la prison à son retour et son attitude lorsqu’il réintégra sa cellule, il écrit, dans un langage « flamboyant » ce qui suit :

P.93 « Est-ce un coupable qui, après avoir traversé le pont de Québec, s’arrête brusquement, hésite, discute, crie son innocence à un chauffeur de taxi au lieu d’utiliser ces minutes précieuses pour s’enfoncer dans les bois ?
Est-ce un coupable qui va encore demander conseil à un avocat qui, pourtant, l’avait si mal défendu ?
Est-ce un coupable qui, sur le conseil de cet avocat, reprend le chemin de sa cellule dont il ne devait logiquement sortir que pour aller à l’échafaud ? »

Le malheur est que M. Hébert a oublié ou a ignoré certains des faits que je viens d’énumérer et qui donnent à cette escapade une couleur assez différente; l’affidavit de Labrecque préparé par Me Gravel l’a bien servi ; comme l’a bien servi d’ailleurs un récit moins enjolivé de l’évasion par Edward Belliveau, (pp. 96 and 97) ; il est curieux cependant qu’il n’ait pas cru bon de parler de la théorie que, d’après M. Belliveau, Me Paul Miquelon, le procureur de la Couronne, aurait émise sur l’évasion, et qui était au moins aussi défendable que celle de MM. Belliveau et Hébert.
Quoi qu’il en soit, il ne peut y avoir aucun doute, certes, que ni Me Maher, ni Me Gravel qui était, lors de l’évasion, à La Malbaie, n’aient pu avoir quoi que ce soit à faire avec cette évasion.
Cette évasion fut-elle cependant aussi spontanée et le retour de Wilbert à la prison fut-il lui même aussi spontané que Labrecque a voulu, surtout, par l’affidavit rédigé par Me Gravel, nous le laisser entendre ? Les circonstances que je viens de décrire ne peuvent que laisser subsister dans mon esprit un doute sérieux à ce sujet.

COFFIN ESCAPES FROM THE QUEBEC JAIL












THE ESCAPE IN THE NIGHT (BROSSARD REPORT,VOLUME 3 PAGES 518-525)

( A literal translation by Clément Fortin)
A taxi was waiting

On the 2nd of September 1955, the honourable Justice Abbott of the Supreme Court denied Coffin permission to appeal to the Supreme Court from a final decision of the Court of Queen’s Bench at Québec.
The 3rd of September 1955, Leslie Coffin and Weston Eagle obtained from Wilson MacGregor the statement that we have talked about, at length, regarding what he had seen in the back of Coffin’s pick-up truck on the 12th of June 1953.
The same day, Mrs. Stanley, Wilbert Coffin’s sister and other persons, obtained a series of receipts from people who pretended having made to Wilbert Coffin payments before the tragic event of 1953. The late quest for a new proof in view of obtaining a new trial had began for good.
During the night of the 5th to the 6th of September 1955, around 1.30 in the morning, Wilbert Coffin escaped from the Québec prison, located on the le Parc des Champs-de-Bataille leading out to Grande Allée ; he returned voluntarily to the prison a few hours later.
The events that took place outside the prison during that night were, before us, the subject of a brief enquiry.
No one has asked information about what had happened inside the prison walls before the escape although the complete file of Mr. Eugène Létourneau, the Québec prison director, would have been made available to anyone who had wanted to obtain explanations ; all we know is that Coffin, while he was outside the prison walls, had a set of keys and a revolver that he had made of soap with his hands and that he would apparently have used for his escape
As to what happened, once Wilbert Coffin had reached the Grande Allée, we have received different versions on important points ; it is however established affirmatively that after having left the prison, Wilbert Coffin jumped in a taxi cab driven by Mr. Gaston Labrecque, who, apart from being a taxi driver was a professional wrestler, that Coffin requested he be driven first to the crossing of the road leading to the Québec bridge, then, to the other side of the river, at the cross-road of Montréal – Rivière-du-Loup, that after a conversation with Labrecque, that might have lasted nearly half an hour, he asked to be driven back to Québec to Mtre Raymond Maher’s residence where he was accompanied by Mtre Maher to the prison.
The driver Labrecque has given of his trip with Coffin three different versions : the one that he has given to Mr. Napoléon Allard, sergeant at one the Québec Provincial Police stations at Québec, the very night of the escape, the affidavit he has signed the following day, on the 7th of September 1955, at Mtre Gravel’s home who had drafted it, lastly, the testimony that he has given before this Commission. Between these three accounts, there are differences interesting enough and important
1. In his statement at the police station, Labrecque asserted that Coffin called his taxi when he was parked on Bourlamaque street, near Grande Allée ; in his affidavit at Mtre Gravel’s, he stated that he was driving eastbound on Ste-Foy road, when « I was asked for a pick-up by a man unknown to me. I stopped my car and I asked this customer where he wanted to go. His answer was that he wanted to reach the Québec Bridge. I immediately took the direction of the bridge”. Before this Commission, the driver Labrecque stated that he had parked his car at the crossing of Ste-Foy road and Bourlamaque street, a cross-road located more than a quarter of a mile north of Bourlamaque street and Grande Allée, when at last Coffin jumped into his cab.
2.The three versions are nearly identical as to the trip he made between the moment Coffin jumped into his taxi and that where the taxi cab had reached the crossing at the exit south of the Québec bridge and the national road to Montréal – Rivière-du-Loup ; they differ however as to the manner Coffin divulged his identity to Labrecque, as to the exact moment where he showed Labrecque his soap revolver that he carried and as to the character and the duration of the conversation that Coffin and Labrecque had whether before or after having shown the revolver. 3. The three versions are uniform on the fact that Coffin had shown that he did not know where to go and on the fact that eventually Coffin decided to go to Mtre Maher’s in order to return to jail, but they are, if not contradictory at least different as to the reason that prompted Coffin to decide to return to Québec ; at one time, it would seem that it was Coffin who would have personally expressed regret for his break out, at another time, it would seem that Labrecque would have convinced him of the uselessness of his run away, at another time, it would be Me Maher who would have persuaded him that his escape might be interpreted as an admission; it does not appear, in other aspect, that at any moment of the conversation during the long stop on the other side of the Québec bridge, Coffin had threatened Labrecque and that the latter might have, at any moment, felt any fear whatsoever. However, the version given by Labrecque, in the affidavit drafted by Mtre Gravel, was written in words giving clearly to understand that Coffin had escaped in a moment of despair, that he regretted his action and that he had expressed at least twice to Labrecque his desire to return to prison.
The last allegation in the affidavit signed at Mtre Gravel’s home is particularly characteristic of the colour that one attempted to give to that event: « Wilbert Coffin seemed to me to be an honest man and a gentleman and I cannot believe that he is a murderer ». There are however in the Holy History multiple examples of fallen angels.
Mtre Maher stated having heard Labrecque assert, at the police station, that he had picked up Coffin at the corner of Grande Allée and Bourlamaque street, while he was parked at 1.15 hour or at 1.20 hour in the morning at this place little frequented by pedestrians at that late hour.
We were also told that when he broke out of jail, Coffin was dressed with prisoner’s clothes and that he was not wearing an overcoat.
No proof was made to indicate that when Coffin called the taxi driver Labrecque, he was running or was out of breath when jumping in the cab.
There is no doubt in our mind that Labrecque tried to mislead us in asserting that Coffin had jumped in his taxi cab at the corner of Ste-Foy road and Bourlamaque street rather than at the corner of Grande Allée and Bourlamaque street, which is the crossing nearest to the Québec jail.
I cannot conceal that I remain puzzled before the following facts: the chance quasi providential that at that late hour of the night, the taxi driver Labrecque was parked at the corner of the closest crossing from the Québec jail, the variants and contradictions about this subject in the three versions of Labrecque, the easiness with which Coffin was able to jump in the taxi cab of Labrecque, the latter having not seen that he was wearing prison clothes, the fact that Labrecque has apparently not been on guard in hearing Coffin express uncertainty as to the place he wanted to be driven to before the taxi had reached the other side of the river, the apparent absence of nervousness on the part of Labrecque when he learned the identity of his passenger and when the latter showed him a revolver at which time Labrecque ignored that it was made of soap, the quick decision taken by Coffin whether on his own initiative, to be driven first to Mtre Maher’s with the purpose of returning eventually to the prison, the fact that Coffin knew the absence from Québec of Mtre Gravel, the fortunate coincidence that Labrecque knew, like Coffin, and Mtre Gravel and Mtre Maher and that, in fact, he was himself a client of Mtre Gravel, and specially the easiness with which Coffin could break out of jail, without observing that when he was picked up by Labrecque there has not been apparently any one in his pursuit, lastly, the rapid use that Mtre Gravel has made of the circumstances surrounding this break out, when Labrecque visited him the following day, to attempt to transform them into and indirect proof of the innocence of Coffin.
Mr. Hébert has written several pages of his book on the escape of Coffin ; adorning the account, embroidering the conversations Coffin had with the driver Labrecque and with Mtre Maher, giving to Coffin’s statements a touching accent, interpreting the interview that Coffin would have had with the Governor of the prison on his return and his attitude when he returned to his cell, he writes, in dazzling words what follows:

P.93 « Is it a culprit who, after having crossed over the Québec bridge, stops suddenly, hesitates, discusses, shouts his innocence to a taxi driver instead of using those precious minutes to disappear in the bush ?
Is it a culprit who once again seeks advice from a lawyer who had so badly defended him ?
Is it a culprit who, on the advice of this lawyer, returns to his cell from which he would logically only come out to go to the gallows? »

Unfortunately, Mr. Hébert forgot or ignored certain facts that I just enumerated and which give to this escapade a colour pretty much different ; Labrecque’s affidavit drafted by Mtre Gravel was useful to him ; as it was also useful to Edward Belliveau (pages 96-97) for writing a less embellished account of Coffin’s escape; it is odd, however, that he did not thought well to talk about the theory that, according to Mr. Belliveau, Mtre Paul Miquelon, the Crown attorney, would have voiced on the escape and which was as defendable as that of Mrs. Belliveau and Hébert.
Be that as it may, there is no doubt, surely, that neither Mtre Maher nor Mtre Gravel, who was at La Malbaie, had anything to do with this escape.
Was this escape as spontaneous and Wilbert’s return to the prison was it as spontaneous as Labrecque had wanted, specially with what implies the affidavit drafted by Mtre Gravel? The circumstances that I just described may only leave a serious doubt to subsist in my mind.

23 avril 2008

L'EXÉCUTION DE COFFIN: DANS LES COULISSES

À PARAÎTRE BIENTÔT
L'EXÉCUTION DE COFFIN: DANS LES COULISSES

THE EXECUTION OF COFFIN - BEHIND THE SCENE

COMING SOON
THE EXECUTION OF COFFIN: BEHIND THE SCENE

20 avril 2008

INTERVENTION DE DUPLESSIS DANS L'AFFAIRE COFFIN


L'INTERVENTION DE DUPLESSIS DANS L'AFFAIRE COFFIN
Des 2250 pages du dossier Coffin, un seul document atteste que Maurice Duplessis est intervenu dans cette cause. Il le fait à titre de procureur général. Cliquez sur cette image pour lire ce document.

DUPLESSIS' INTERVENTION IN THE COFFIN AFFAIR
Out of 2250 pages of the Coffin court file, only one document attests that Maurice Duplessis intervened in this case. He does so in his capacity of Attorney General. Click on this image to read that document.

COMMENT LES PROCUREURS DE LA COURONNE ONT ÉTÉ CHOISIS DANS L'AFFAIRE COFFIN








Le palais de justice de Percé en 1954

Centre d'archives de la Gaspésie/Musée de la Gaspésie. P167 Fonds Jacques Hébert. P167/A,1.

COMMENT LES PROCUREURS DE LA COURONNE ONT ÉTÉ CHOISIS DANS L'AFFAIRE COFFIN

EXTRAIT DU RAPPORT BROSSARD
PARTIE VII, VOLUME 2, PAGES 417 ET SUIVANTES
SUR CERTAINS INCIDENTS MAJEURS DE L’AFFAIRE COFFIN

PRÉLIMINAIRES


La Commission a étudié, à ce jour, cette partie importante de la preuve touchant directement aux événements reliés aux meurtres des chasseurs et aux moyens invoqués à la défense de Coffin par ses défenseurs, avocats et autres : elle étudiera maintenant certains incidents majeurs de l’affaire.

Chapitre 1

LES «INTERVENTIONS ÉTRANGÈRES »

Et

LE CHOIX DES REPRÉSENTANTS DE LA COURONNE

Le choix des procureurs de la Couronne

À la page 45 du livre de monsieur Hébert, on lit les autres mots aimables que voici :
« Le procureur général, en mal d’action confia la poursuite à ses meilleurs procureurs, selon les standards de Québec, c’est-à-dire à deux hommes qui avaient à leur crédit un grand nombre de pendus.
Dans la région de Québec, plus encore qu’ailleurs dans la province, un bon procureur de la Couronne est celui qui, par son habileté et son éloquence, réussit le plus fréquemment à obtenir d’un jury la tête d’un accusé. Selon ce barème, Me Paul Miquelon et Me Noël Dorion étaient d’excellents procureurs de la Couronne.
Ces deux champions du prétoire étaient assistés de Me Georges Blanchard, procureur de la Couronne de Chandler, qui a joué un rôle assez effacé au cours du procès. On doit tout de même le considérer comme le complice de ses deux collègues ; non seulement ne s’en est-il pas dissocié, mais sept ans après le procès, le procureur devenu, bien sûr, le juge Georges Blanchard, déclarait tranquillement à un journaliste du Soleil : « Coffin a été jugé par ses pairs, soit douze jurés, à la suite d’un procès équitable et juste… »
M. le juge n’est pas difficile… »
Outre que les affirmations de monsieur Hébert, quant au standard de Québec relativement au choix des procureurs de la Couronne, sont absolument gratuites, injurieuses, extraordinairement blessantes pour tout avocat à qui échoit l’honneur et le fardeau de protéger les intérêts de la population entière de la province en agissant comme procureur de la Couronne, elles le sont tout particulièrement à l’égard de Me Noël Dorion, de Me Paul Miquelon (aujourd’hui juge de la Cour Supérieure) et de Me Georges Blanchard, aujourd’hui juge de district ; elles sont de plus mal fondées en faits et dès lors doublement injustes.
Quant au choix des procureurs de la Couronne, voici comment, aux dires de Me C.E. Cantin, et tel que l’ont confirmé les procureurs de la Couronne eux-mêmes, ce choix s’effectua.
Parce que Me Cantin savait que le docteur Rioux, Coroner de district, avait soulevé certaines inquiétudes à l’occasion d’enquêtes qu’il avait présidées – ce coroner se croyant avocat en même temps que médecin -, parce que Me Cantin avait décidé que dans une enquête de cette importance , il était nécessaire qu’un procureur de la Couronne avec lequel il aurait pu causer au préalable de vive voix soit sur place pour que l’enquête se déroule de la façon la plus régulière possible, parce que Me Blanchard, le procureur de la Couronne à Chandler avait demandé de l’aide, - ce que Me Blanchard confirma devant nous, - et parce qu’il était déjà décidé que même si le verdict du Coroner était favorable à Coffin celui-ci serait néanmoins mis en accusation et que l’enquête préliminaire aurait lieu le lendemain de l’enquête du Coroner, Me Cantin suggéra au Solliciteur Général que Me Noël Dorion, le procureur de la Couronne senior à Québec, qui avait une grande expérience dans ce domaine des enquêtes, car il dirigeait toutes les enquêtes du Coroner à Québec, soit envoyé.
Ce furent les seules raisons pour lesquelles Me Dorion reçut le mandat de se rendre à Gaspé pour l’enquête du Coroner et au cours de l’enquête préliminaire, il était normal que Me Dorion agisse également pour la conduite de l’enquête au procès. Nous ignorons s’il avait à son crédit un grand nombre de condamnations ; il est indéniable cependant que Me Dorion jouissait et jouit encore de la réputation d’être un avocat consciencieux, féru de droit, possédant le sens inné de la justice et par ailleurs éloquent ; il n’y a pas de doute que, grâce à ces qualités, Me Dorion a remporté, dans la pratique du droit, des succès nombreux. Il est contre toute raison de penser et de prétendre que, dans le cas d’un procès pour meurtre, le devoir des autorités judiciaires soit de s’abstenir de confier le fardeau de plaider pour la Couronne à l’un des procureurs de la Couronne en titre pour l’unique raison qu’il défend bien la Couronne dans les combats judiciaires qu’il entreprend.
Quant à Me Miquelon, ce n’est pas lui qui avait tout d’avoir été requis de se joindre à Me Dorion pour assumer cette partie de l’enquête qui devrait se faire en langue anglaise ; c’est l’un des procureurs de la Couronne du district de Montréal qui avit été nommé à ces fins ; Me Hill, empêché d’accepter ce mandat à cause de maladie, fut remplacé quelques jours à peine avant que le procès de Percé ne débute par Me Miquelon qui maîtrisait la langue anglaise à l’égal de la langue française. Quant à Me Blanchard, il était normal qu’en sa qualité d’avocat de la Couronne du District de Gaspé, il se joignit à ses confrères de Québec dont il se réjouit de la présence à ses côtés réalisant l’ampleur de la tâche de représenter la Couronne dans ce procès, eu égard au grand nombre de témoins qui devaient y être entendus, à la longueur certaine du procès et au fait que la preuve de la Couronne ne pouvait qu’en être une de circonstances.
Les observations de monsieur Hébert pourraient être écartées comme enfantine par tout homme de loi, si elles n’étaient pas, par ailleurs, si injurieuses et si blessantes ; d’autre part, ses attaques virulentes sont un plaidoyer en faveur de la médiocrité contre la supériorité. (À SUIVRE)

HOW CROWN ATTORNEYS WERE CHOSEN IN THE COFFIN AFFAIR




The Percé Court House in 1954
Centre d'archives de la Gaspésie/Musée de la Gaspésie. P167 Fonds Jacques Hébert. P167/A,1.
HOW THE CROWN ATTORNEYS WERE CHOSEN IN THE COFFIN AFFAIR
EXCERPT FROM THE BROSSARD REPORT
PART VII, VOLUME 2, PAGES 410 AND FOLLOWING
ON CERTAIN MAJOR INCIDENTS IN THE COFFIN AFFAIR

PRELIMINARIES
(A literal translation by Clément Fortin)

The Commission has studied, up until this day, this important part of the proof related directly to the events connected to the murder of the hunters and to the means set forth in Coffin’s defence by his counsels, lawyers, or others : it will now study certain major incidents of the affair.

Chapter 1

FOREIGN INTERVENTION

And

THE SELECTION OF CROWN REPRESENTATIVES

The choice of the Crown attorneys

At page 45 of Mr. Hébert’s book, one reads the following pleasant words :

« The Attorney General, in want badly of action, entrusted the prosecution to his best attorneys, according to Québec standards, that is to say, to two men who already had to their account a great number of hanged persons.
In the Québec region, more than anywhere else in the province, a good Crown attorney is the one who, with ability and eloquence, succeeds the most frequently to obtain from a jury the head of an accused. According to this scale, Mtre Paul Miquelon and Mtre Noël Dorion were excellent Crown attorneys.
These two court champions were assisted by Mtre Georges Blanchard, Crown attorney from Chandler, who played an unobtrusive role in the course of this trial. Nevertheless, we must consider him as an accomplice of his two colleagues ; not only did he not dissociate himself from them, but seven years after the trial, the attorney had of course become judge Georges Blanchard, stated quietly to a newspaperman of the Soleil: “Coffin has been judged by his peers, that is twelve jurors, following a just and equitable trial…”

Not only Mr. Hébert’s statements, as to Québec standard regarding the choice of Crown attorneys, are absolutely gratuitous, insulting, and most offending to any attorney on whom falls the honour and the burden to protect the interests of the whole population of the province in acting as Crown attorney, they are, most particularly, in respect of Mtre Noël Dorion, of Mtre Paul Miquelon, (today justice of the Superior Court) and of Mtre Georges Blanchard, today district judge ; they are moreover ill-founded in fact and therefore doubly unjust.
As to the choice of the Crown attorneys, here is how, according to Mtre C.E. Cantin, and as the Crown attorneys themselves confirmed it, this choice was made.
Because Mtre Cantin knew that Dr. Rioux, District Coroner, had caused some concern about the inquests he had presided over – this coroner thought he was a lawyer and physician at the same time -, because Mtre Cantin had decided that in an inquest of that importance, it was necessary that a Crown attorney with whom he could talk directly on the spot, so that the inquest proceeds in the most regular fashion, because Mtre Blanchard had asked for help, - Mtre Blanchard confirmed that fact before us, - and because it had already been decided that even though the Coroner’s verdict was favourable to Coffin, the latter would nevertheless be indicted with murder and that the preliminary enquiry would take place the day following the Coroner’s inquest, Mtre Cantin suggested to the Solicitor General that Mtre Noël Dorion, the Québec senior Crown attorney, who had a great experience in enquiries, for he was in charge of all Coroner’s inquests at Québec, be sent.
Those were the only reasons for which Mtre Dorion was sent to Gaspé for the Coroner’s inquest and in the course of the inquest, it was normal that Mtre Dorion also took charge of the conduct of the inquest and of the trial. We do not know if he had to his account a great number of condemnations; it is undeniable however that Mtre Dorion enjoyed and still enjoys the reputation of a lawyer conscientious, keen on law, having and innate sense of justice and otherwise eloquent ; there is no doubt that, thanks to those qualities, Mtre Dorion has achieved many successes. It is against reason to think and to pretend that, in a trial for murder, the duty of the judicial authorities would be to abstain from entrusting the burden of pleading on behalf of the Crown to one of the titular Crown attorneys for the sole reason that he represents well the Crown in the trials he undertakes.
As to Mtre Miquelon, he was not the one who had been chosen to assume with Mtre Dorion this part of the enquiry which was to be carried in the English language ; it was one of the Crown attorneys of the District of Montréal who had been appointed to that end ; Mtre Hill was prevented from accepting this task because of illness, he was replaced a few days before the trial started in Percé by Mtre Miquelon who mastered the English language as well as the French language. As to Mtre Blanchard, it was normal. that he joined his brethrens who rejoiced of their presence with him, realizing the extent of the task of representing the Crown in that trial, considering the great number of witnesses who would be heard, the length of the trial and the fact that the proof of the Crown could only be circumstantial.
Mr. Hebert’s observations could be discarded as childish by any man of law, if they were not, otherwise, so insulting and offending; in other respect, his vicious attacks constitute a plea in favour of mediocrity against superiority. (To ben continued)

16 avril 2008

LA SCÈNE DU CRIME - THE CRIME SCENE - COFFIN





Ci-haut, une vue aérienne de la scène du crime et plus bas, le plan préparé par Maurice Hébert, technicien de la Sûreté provinciale
Centre d'archives de la Gaspésie/Musée de la Gaspésie. P123 Fonds Georges-Étienne Blanchard. Boîte 1.

BAnQ, Centre d'archives de Rimouski, Fonds Cour du Banc du Roi/de la Reine, Greffe de Percé (TP9, 84), no 251, Plan détaillé de la Gaspésie situant les camps des chasseurs, 31 cm x 99 cm, 11 juillet 1953. Cliquez sur ce plan.


Maurice Hébert, technician for the Québec Provincial Police, testified on the 21st of July 1954, before the Court of Queen's Bench in Gaspé and filed this plan. Click on it!

Unfortunately, I cannot show you, on this blog, a readable plan. However, to give you an idea of what it shows, here is some of the information that it contains:

LEGENDS
A- Road Canadian International Paper Co
B- “ near lake York
C – Bridge swept away re: Indian Fork Brook.
D – Remains “E.H. Lindsay” camp 24
E – Rifle “ “ “
F – Remains “Richard Lindsay” camp 26
G – Rifle “ “
H - Remains “Fred Claar” “
I – Rifle “ “
J – Hollow stump re: leather jacket; binoculars etc.

DISTANCES
Gaspé to Coffin’s camp : 14 miles
“ to “A” : 36 miles
“ to “B” : 58 miles
“A” to Camp 24 : 24 miles
“B” to “ 26 : 8.5 miles
Camps 21 to 24 : 3 miles
“ 24 to Luggage : 1.2 miles
“ 24 to 26 : 2.5 miles
Pick-up truck to camp 21 : 1.3 miles
“ “ “ 24: 4.3 miles
Gaspé to camp 24
(via “A”) : 60 miles
I invite you to read my book L'affaire Coffin: une supercherie? published by Wilson & Lafleur. I explain in detail the Coffin affair.

15 avril 2008

ENCORE LA CAMIONNETTE DE COFFIN







Photo du Centre d'archives de la Gaspésie/Musée de la Gaspésie.
P. 123 Fonds Georges-Étienne Blanchard. Boîte 1.
ENCORE LA CAMIONNETTE DE COFFIN

EXTRAIT DES TRANSCRIPTIONS STÉNOGRAPHIQUES DU PROCÈS DE WILBERT COFFIN DEVANT LA COUR DU BANC DE LA REINE, LE 28E JOUR DE JUILLET 1954, DE LA PAGE 1223 À 1226

ROGER LECLERC, âgé de 30 ans, débosseur d’automobiles, domicilié à 7957, 22e avenue, Ville St-Michel, étant dûment assermenté sur les Saints-Évangiles, dépose et dit :

INTERROGÉ par Me Paul Miquelon, c.r. pour la poursuite.
Q. Au mois de juin 1953, à quel garage travailliez-vous ?
R. J.A. St-Laurent Motor Sales, 330 Crémazie Ouest, Montréal.
Q. Monsieur Leclerc, voulez-vous nous dire si dans le cours du mois de juin vous avez eu la visite d’un Chevrolet, un pick-up Chevrolet ?
R. Oui monsieur le juge.
Q. Connaissiez-vous avant la personne qui a amené ce Chevrolet-là à votre garage ?
R. Non Monsieur.
Q. L’avez-vous rencontrée plusieurs fois à Montréal ?
R. Une fois.
Q. Vous souvenez-vous du numéro de licence du Pick-up Chevrolet ?
R. J’ai l’estimé ici, c’est moi qui ai fait l’estimé du truck, je l’ai marqué dessus, je ne sais pas au juste – licence F-51215.
Q. Voulez-vous jeter un coup d’œil sur cette photographie qui est produite comme P-70, et nous dire si vous reconnaissez le pick-up qui est là ?
R. Je le reconnais très bien.
Q. Entre autres, vous remarquez que la licence qui apparaît là est bien celle que vous avez donnée ?
R. C’est ça.
Q. Maintenant, est-ce que vous reconnaîtriez la personne qui est allée chez vous avec ce pick-up là ?
R. Si je la voyais, probablement que je la reconnaîtrais.
Q. Voulez-vous jeter un coup d’œil dans la salle et nous dire si vous la voyez quelque part ?
R. Ce monsieur-là (Le témoin indique l’accusé).
Q. Le 23 juin, on a été appelé par la police d’aller chercher un truck pick-up qui a eu un accident, frappé par un petit char électrique. On a été le chercher. C’était un Chevrolet vert, 1952, pick-up.
Le lendemain matin, j’ai fait un estimé sur le camion, ça montait à $873.88. Après ça, on a attendu pour l’assurance, puis là je me suis informé au vendeur que si le truck était pour être vendu, vu qu’il était accidenté, de me le laisser savoir.
La semaine après, le monsieur en question…
Q. Monsieur Coffin ?
R. Il est venu au garage et ils m’ont dit d’aller voir le propriétaire du truck qui était justement là.
Q. Coffin est allé chez vous?
R. Là, je lui ai offert un certain montant pour son truck, on s’est parlé, on a conclu qu’il me laissait son truck pour $250.00. Quand j’ai voulu donner un acompte sur le truck, j’ai voulu avoir les enregistrements du truck. Monsieur Coffin m’a répondu que les enregistrements, il ne les avait pas, il les avait perdus, ou s’était fait voler à Québec, ses enregistrements. Là, j’ai été voir – je me suis informé comment remédier pour essayer d’avoir le truck, vu qu’il n’avait pas l’enregistrement. Ils m’ont dit de dire à Coffin d’écrire à Québec et de faire venir tous ses papiers, et je ne l’ai jamais revu.
Les procureurs de la défense déclarent ne pas vouloir contre-interroger ce témoin.
ET LE DÉPOSANT NE DIT PLUS RIEN

14 avril 2008

MORE ABOUT COFFIN'S PICK-UP TRUCK




MORE ABOUT COFFIN'S PICK-UP TRUCK
A few days ago, someone under the name of A. Mercier of Québec posted the following comment. Since, it casts doubt on my credibility, I post now William Baker’s testimony before the Gaspé jury. I let you be the judges.


À 10 avril, 2008 01:00 , A Mercier a dit...
Message to Mr. Fortin. If that is what you reported in your book, then I suggest that you check the facts. I am referring to the taking of the truck to Montreal, and when Mr. Baker found out, and how he found out. You are quite incorrect. If you check with Lew Stoddard at http://stoddardsviews.blogspot.com he can bring you up to date with "facts" that he can prove.As you are no doubt aware, nothing gets published on that web site unless it can be backed up with documentation. I suggest that you contact him. A Mercier Quebec



EXCERPTS FROM THE TRANSCRIPTIONS OF COFFIN’S TRIAL BEFORE THE COURT OF QUEEN’S BENCH IN GASPÉ, ON JULY 28TH 1954

WILLIAM BAKER, aged 43, hotelkeeper, domiciled in Gaspé, being duly sworn upon the Holy Evangelists, doth depose and say:

EXAMINED by Mtre Paul Miquelon, Q.C. fort the Prosecution
Q. Mr. Baker, have you known the accused, Wilbert Coffin for sometime ?
A. Yes, I have.
Q. Well, just how long?
A. Oh, about ten – twelve years.
Q. In 1953, were you the owner of a Chevrolet pick-up?
A. Yes sir, I was.
C. Will you look at this photo, which has been filed as P-70, which shows a Chevrolet pick-up with a Québec Province license F-51215, and tell us if this is the pick-up.
THE COURT:
J’aimerais mieux que le témoin dise lui-même
Mtre Paul Miquelon, Q.C. for the Prosecution :
Q. Will you look at this photograph and tell us what pick-up it shows there?
A. That’s my Chev. truck.
THE COURT:
Q That’s P-70?
Mtre Paul Miquelon, Q.C. for the Prosecution:
P-70, My Lord.
Q. Do you still own that pick-up?
A. Not now, no.
Q, How come you haven’t got it anymore?
A. Well…
Mtre Raymond Maher, for the defence:
OBJECTED, the anterior facts should be fully established before coming to later ones.
THE COURT:
OBJECTION OVERRULED FOR THE MOMENT,
(The preceding question is read back by the reporter),
THE WITNESS:
A. Well, it was involved in an accident, and it was repaired and I sold it.
Mtre Paul Miquelon, Q.C. for the Prosecution :
Q. Where did that accident take place?
A. In the City of Montréal.
Q. At what date, or just about?
A. Oh, to tell you the date, I don’t remember the date exactly it was.
Q. Do you remember the month?
A. The latter part of June or the early part of July.
THE COURT:
Q. What year?
A. Last year, Your Honour.
Mtre Paul Miquelon, Q.C. for the prosecution:
Q. Who was in charge of that truck when that accident occurred?
Mtre François Gravel for the Defence:
OBJECTED, the witness should be asked if he was there first.
Mtre Paul Miquelon, Q.C. for the Prosecution:
QUESTION WITHDRAWN.
Q. Had you loaned that truck?
A. Yes, I had loaned the truck.
Q. Who to?
A. To Mr. Wilbert Coffin.
Q. At the time of the accident, had Mr. Wilbert Coffin given back your truck?
A. No.
Q. Now, will you tell us when you had loaned that truck to Wilbert Coffin?
A. If I remember the date right, it was June 8th, around June 8th.
Q. 1953?
A. 1953, yes.
Q. Was Coffin alone when you loaned him that truck, or as he accompanied by somebody else?
A. No, he was accompanied by Mr. MacDonald.
Q. What is Mr. MacDonald’s first name?
A. Angus MacDonald.
Q. Is he here today?
A. Yes sir.
Q. Now, will you tell us the circumstances, which surround the loaning of that truck to the accused?
A, Mr. MacDonald and Mr. Coffin came to see me, and they were prospecting at the time on the St. John River, and they heard of a certain district there was possibilities of copper being there, and they wanted to go and investigate it, and the truck was loaned for the purpose of going there and doing some prospecting work.
Q. Loaned to Mr. MacDonald and Mr. Coffin?
A. Jointly to both of them.
Q. Was there any consideration, were there money or other considerations for the loaning of that truck?
A. The understanding was that if anything materialized, if we found anything, that we would all join together on it.
Q. So this was, as much as you are sure, on the 8th of June 1953?
A, That’s the approximate date.
Q. And after you decided to loan your truck did Coffin and MacDonald go away with it?
A. They did, yes sir.
Q. Now, assuming it was on the 8th, did you see Coffin on the 8th?
A. Not that I recall, no.
Q. Did you see Coffin on the 10th?
A. No.
Q. Did you see Coffin on the 11th ?
A. Not that I recall, no.
Q. Did you see him at anytime after?
A. I did see him, and I believe it was on the 12th, in the afternoon.
Q. Had you seen MacDonald on the 9th or the 10th or the 11th ?
A. Yes, I did.
Q. Where was he?
A. He came to the establishment that I run, the Ash Inn.
Q. Would you remember if you saw him on the 9th ?
A. It was either the 9th or the 10th , I’m not sure.
Q. What was – did he tell you the purpose of his visit to your establishment?
A. Yes, he was looking for Mr. Coffin.
Q. And where did you see Coffin on the 12th ?
A. I met him in the village of Gaspé, in the main part of the village.
Q, Did you see Coffin first or your truck?
A. I saw my truck first.
Q. Where was it?
A. It was parked along side a building, the United Fishery Building.
Q. What did you do?
A. I went over to the truck, and nobody was there, I started back and Coffin came back and hailed me and I went back to the truck.
Q. What did you have to tell him or what did he have to tell you?
A. I told him Mr. MacDonald was looking for him, and he didn’t know where he was.
Q. And?
A. …
Q. What was his answer?
A. He told me that he was supposed to pick up Mr. MacDonald, but the place he was going to, the territory was rough and rugged rather bad to go over, and he decided he could do the work himself much quicker alone.
Q. Than with Mr. MacDonald?
A. Than accompanied by Mr. MacDonald.
Q. Did you have anything to say on that?
A. No, it sounded logical to me.
Q. And, was anything said further as to any further use of that truck?
A. No.
Q. Did you learn anytime that Coffin had gone to Montréal with your truck?
A. No.
Q. Well of course, you learned about a trip to Montréal with your truck?
A. Only when I was notified about the accident.
Q. On that day, the 12th of June, was there any question between the accused and yourself that he was leaving that night with your truck?
A. Not that I recall; he never mentioned it.
Q. And you stated before that the first news you had about that trip to Montréal is when you learned about that accident?
A. That’s right.
Q. How did you learn about the accident?
A. I received a phone call.
Q. Do you know whom from?
A. Well, it was from a lady who was accompanying Mr. Coffin.
Q. What is her name?
A. To tell the truth, I don’t know.
Q. What name did she give on the phone?
A. She didn’t give any name, she asked for me, it was a long distance call, and she asked me, she said: “I am phoning you from Montréal to let you know Wilbert had an accident he hit a street car”.
THE COURT;
Q. When you loaned that truck, you said you loaned it jointly to Mr. MacDonald and Mr. Coffin. That’s what you said I think?
A. That’s right.
Q. Was there any mention at the time, in Coffin’s presence, as to the date when he was supposed to go into that area for prospecting purposes?
A. No, the understanding was that as soon as the weather was suitable, and whenever they could get away.
Q. That was on the 8th ?
A. On the 8th .
Q. And you received a visit from MacDonald either the following day or the day after?
A. That’s right.
Q. He was looking for Coffin?
A. That’s right.


11 avril 2008

MARION PETRIE, LA MAÎTRESSE DE COFFIN, TÉMOIGNE DEVANT LA COUR DU BANC DE LA REINE




Centre d'archives de la Gaspésie/Musée de la Gaspésie. P123 Fonds Georges-Étienne Blanchard. Boîte 1.



MARION PETRIE, LA MAÎTRESSE DE COFFIN, TÉMOIGNE DEVANT LA COUR DU BANC DE LA REINE

Dans son témoignage devant la Cour du Banc de la Reine, à Percé en 1954, Marion Petrie, la maîtresse de Wilbert Coffin, a déclaré que celui-ci était arrivé à Montréal avec une valise dans laquelle il y avait une chemise à carreaux bleue, quelques paires de caleçons, quelques paires de chaussettes, une paire de blue-jeans et des serviettes. Ce blue-jean faisait 42 pouces de tour de taille. Il a été prouvé devant le jury de Percé que cette valise de même que son contenu avaient appartenu à Frederik Claar, l’une des victimes. Je vous présente quelques extraits du témoignage de Marion Petrie devant la Cour du banc de la reine.


EXTRAIT DU TÉMOIGNAGE DE MARION PETRIE, LA MAÎTRESSE DE COFFIN, DEVANT LA COUR DU BANC DE LA REINE, DEVANT UN JURY, LE 30 JUILLET 1954

INTERROGÉE PAR ME PAUL MIQUELON POUR LA POURSUITE.

TRANSCRIPTIONS STÉNOGRAPHIQUES DE LA PAGE Z-26 À Z-30
(Traduction littérale par Clément Fortin)
Q. Regardez cette valise qui a été produite comme pièce P-34 et dites-nous si cette valise que Wilbert Coffin…
LA COUR:
Q. Si vous l’avez déjà vue?
R. Oui, elle était comme ça.
Me Paul Miquelon, C.R. pour la poursuite:
Q. Comme celle-là? Est-ce la même?
R. C’est la même.
Q. Vous rappelez-vous – avez-vous ouvert cette valise quand Coffin est arrivé chez vous?
R. Pas le jour même.
Q. Bien, le lendemain, je suppose?
R. Oui monsieur.
Q. Voulez-vous nous dire ce qu’elle contenait?
R. Il y avait une chemise à carreaux bleue, il y avait quelques paires de caleçons, quelques paires de chaussettes, une paire de blue-jeans.
Q. En parlant de blue-jeans, regarderiez-vous ce qui a été produit comme pièce P-34, et dites-nous si vous l’avez déjà vu? Il a été déchiré depuis?
R. Je vois ça.
Q. Il n’était pas déchiré à ce moment-là, si je comprends bien?
R. ….Voulez-vous répéter la question, s’il vous plaît?
Q. Je vous demande si vous avez déjà vu ce blue-jean. Vous avez dit que M. Coffin a apporté un blue-jean?
R. C’est exact.
Q. Je vous demande si vous l’avez déjà vu.
R. Cela a l’air d’un jean, mais ce n’est pas celui qu’il avait à Montréal.
Q. Quand il est parti en voyage, est-ce qu’il a apporté ce jean, celui qu’il avait apporté de Gaspé?
R. Oui Monsieur.
Q. Qu’en est-il de celui dont vous dites – celui que vous avez vu à Montréal, entre celui-là et celui-ci?
R. Le jeans qu’il avait à Montréal, j’ai réparé le rebord pour lui, et il était plus neuf que ça.
Q. Et celui dont vous parlez, il l’a apporté avec lui à Val-d’Or quand il est parti?
R. Lorsqu’il est parti de chez moi à Montréal, il l’a emporté avec lui.
Q. À part ce que vous avez fait à ce jeans, à part ça, est-il semblable à celui qu’il a apporté chez vous de Gaspé?
R. Bien, la plupart des jeans se ressemblent lorsqu’ils sont neufs.
Q. Est-ce que les poches étaient brunes?
R. Mais celui-ci ressemble à l’un de ses vieux jeans.
Q. Où l’avez-vous déjà vu ?
R. À York Centre Gaspé, lorsque j’étais là.
Q. Voulez-vous regarder ce jean produit comme pièce P-36 et dites-nous s’il appartient à Wilbert Coffin?
R. Non, je ne crois que cela lui appartient.
Q. Ne serait-il pas trop grand pour lui ?
R. Non, je ne crois pas, non, lorsqu’un homme travaille dans la forêt, il doit porter des vêtements plus grands.
Q. Maintenant, à part le jean, qu’a-t-il apporté de Gaspé?
R. Il avait des jumelles.
Q. Savez-vous ce qui est arrivé à ces jumelles?
R. Je les ai remises au capitaine Matte.
Q. Regardez ces jumelles qui ont été produites comme pièce P-25 et dites-nous si vous les avez déjà vues?
R. Elles ressemblent à celles qu’il a apportées à Montréal.
Q. N’a-t-il pas apporté autre chose à Montréal?
R. Il y avait un couteau bizarre avec plusieurs instruments.
Q. Qu’est-il advenu de ce couteau?
R. Je l’ai aussi remis au capitaine Matte.

Q. Est-ce qu’il y avait des serviettes?
R. Les serviettes étaient dans la valise.
Q. Lorsqu’il est parti en voyage?
R. J’en ai mis une dans la valise lorsqu’il est parti..
Q. Et la serviette que vous lui avez donnée quand il est parti de Montréal en était-ce une qu’il avait apportée chez vous à l’occasion de son voyage?
R. Il y avait quatre serviettes et une débarbouillette.
Q. Ce que je veux savoir, Mademoizelle Petrie, est ceci: est-ce que ces quatre serviettes étaient dans la valise lorsqu’il est arrivé chez vous?
R. Oui, Monsieur.
Q. Regardez cette serviette qui a été produite comme pièce P-32 et dites-nous si vous l’avez déjà vue?
R. Oui, Monsieur.

MARION PETRIE, COFFIN'S MISTRESS, TESTIFIES BEFORE THE COURT OF QUEEN'S BENCH


Centre d'archives de la Gaspésie/Musée de la Gaspésie. P123 Fonds Georges-Étienne Blanchard. Boîte 1.






MARION PETRIE, COFFIN’S MISTRESS, TESTIFIES BEFORE THE COURT OF QUEEN’S BENCH

In her testimony before the Court of Queen’s Bench, at Percé in 1954, Marion Petrie, Coffin’s mistress, stated that Coffin arrived at her place in Montréal with a valise in which there were a blue-checkered shirt, a couple of pairs of shorts, a couple of pairs of socks, a pair of blue jeans and a set of towels. The waist of that blue jeans measured 42 inches. It has been proven before the Percé jury that this valise and its contents had belonged to Frederik Claar, one of the victims. Here are a few excerpts from Marion Petrie’s testimony before the Court of Queen’s Bench.

EXCERPT FROM THE TESTIMONY OF MARION PETRIE, COFFIN’S MISTRESS, BEFORE A JURY OF THE COURT OF QUEEN’S BENCH ON THE 30TH OF JULY 1954
COURT TRANSCRIPTS FROM PAGE Z-26 TO Z-30

EXAMINED BY MTRE PAUL MIQUELON FOR THE PROSECUTION

Q. Will you look at this valise, which has been filed as P-34, and tell us if the valise that Wilbert Coffin...
THE COURT;
Q. If you have seen this before?
A. Yes, it was like that.
Mr. Paul Miquelon, Q.C. for the prosecution :
Q. Like that? Is it the same?
A. That’s the same.
Q. Do you remember – did you open this valise when Coffin arrived at your place?
A. Not the same day.
Q. Well, the next day, I suppose?
A. Yes sir.
Q. Will you give us what were the contents of this valise?
A. There was a blue-checkered shirt, there was a couple of pairs of shorts, a couple of pairs of socks, a pair of blue jeans.
Q. Talking about a pair of blue jeans, would you look at those, which have been filed as P-34, and tell us if you have seen those before? They have been torn since?
A. I see that.
Q. They were not torn when at the time, I understand?
A. ….What was the question again, please?
Q. I am asking you if you have seen those before: you said Mr. Coffin brought a pair of blue jeans?
A. That’s right.
Q. I am asking you if you have seen those before?
A. They look like a pair of his, but they are not the ones he had in Montréal with him.
Q. When he left for that trip, did he bring those jeans with him, the ones he had brought from Gaspé?
A. Yes sir.
Q. What is it about those that you say – those you saw in Montréal, between those and these?
A. The pair he had in Montréal, I fixed the cuff for him, and they were more new than that.
Q. And those that your are talking about, he brought with him at Val d’Or when he left?
A. When he left my house in Montréal, he took them away with him.
Q. And apart from you have told us about the work you had done on those jeans, apart from that, are they similar to the ones he took to your place from Gaspé?
A. Well, most jeans look alike when they are new.
Q. Were the pockets brown?
A. But these here look like a pair of his old ones.
Q. Where have you seen those before?
A. Down in York Center Gaspé, when I was down there.
Q. Will you look at that pair of jeans filed as P-36 and tell us if those could be Wilbert Coffin’s?
A. No, I don’t think they are his.
Q. Would that be too large for him?
A. No, I don’t think, no, when a man works in the woods, he has to have his clothes large.
Q. Now, apart from the jeans, what did he bring from Gaspé that day?
A. He had a pair of binoculars.
Q Do you know what became of those binoculars?
A. I gave them to captain Matte.
Q. Will you look at those binoculars, which have been filed as P-25 together with the case, and tell us if you have seen those before?
A. They look like the same pair he brought to Montréal with him.
Q. Was there anything else he brought to Montréal?
A. There was an odd-looking knife with a lot of gadgets on it.
Q. What became of those?
A. I also gave them to captain Matte.

Q. Were there any towels?
A. The towels were in the valise.
Q. When he left for his trip?
A. I put one in the valise when he left.
Q. And the towel you gave him when he left Montréal was it one he had brought home on that trip?
A. That was a set of four towels and one face cloth.
Q. What I want to know, Miss Petrie, is this: was that set of four towels in the valise when he arrived at your place?
A. Yes sir.
Q. Will you look at this towel, which has been filed as P-32, and tell us if you have seen this before?
A. Yes sir.

HOW CAPTAINS MATTE AND SIROIS WERE APPOINTED - COFFIN AFFAIR

















HOW CAPTAINS MATTE AND SIROIS WERE APPOINTED
EXCERPT FROM THE BROSSARD REPORT
PART VII, VOLUME 2, PAGES 410 AND FOLLOWING
ON CERTAIN MAJOR INCIDENTS IN THE COFFIN AFFAIR

PRELIMINARIES
(A literal translation by Clément Fortin)

The Commission has studied, up until this day, this important part of the proof related directly to the events connected to the murder of the hunters and to the means set forth in Coffin’s defence by his counsels, lawyers, or others : it will now study certain major incidents of the affair.

Chapter 1

FOREIGN INTERVENTION

And

THE SELECTION OF CROWN REPRENSATATIVES

(A literal translation by Clément Fortin)

The choice of captains Matte and Sirois

Captains Matte and Sirois have described before this Commission in what circumstances they were appointed to investigate the disappearance of three American hunters.
Their testimonies were confirmed entirely by that of Mtre Cantin who was, at that time, legal adviser to the Department of the Attorney General, but was acting as de facto Assistant General Attorney with Mtre Frenette ; Mtre Cantin was in charge of criminal matters and, in particular, major crimes ; it is in this capacity that he supervised the Coffin affair as early as the 5th of July ; to this end, he had to rely mainly on the information he obtained from sergeant Doyon who was in charge of the Gaspé police station, as they were transmitted to him by Mr. Henri Charland, then assistant to Chief Lambert of the Provincial Police in Québec City; Mr. Charland, for all practical purposes, was in charge of all investigations in the judiciary district of Québec comprising half of the province. Informed that until the 11th of July, after the hunters’ abandoned pick-up truck was found, the only persons who, until then, had been in the bush and had made the discovery were guides, game and fish wardens of the Gaspé region, informed that the father of one of the victims was coming down to Gaspé and that American newspapers had themselves laid hands on the affair and were obviously interested in the results of the searches being carried out, he required that instructions be given sergeant Doyon to hasten the searches and to not let the voluntary searchers work alone, and had him informed that if he needed extra help, the Department would not hesitate to give it to him. Informed a few days later, through verbal reports made by Doyon to Charland, that Doyon pretended that three dead bodies had been found while only one had been found until then and that Doyon declared that Wilbert Coffin was under suspicion, being the last known man to have seen Eugene Lindsay, Mtre Cantin requested that Dr. Jean-Marie Roussel from Montréal and Mr. Maurice Hébert from Québec City be sent on the spot (15th of July 1953) ; he gave, on the 17th of July, orders to Mr. Charland so that vigilance and searching activities be doubled up to avoid that the Provincial Police be accused of not doing its job and of letting foreign searchers do it ; troubled by the contradictions contained in Doyon’s reports and with the slow progress of the investigation, mystified by a report from Doyon stating that he did not believe in a crime anymore, but thought it was an accident or, if there was a crime, that the murder would have been the result of a quarrel between the three hunters themselves, informed that during this important period of time Doyon had gone fishing to a private club, Mtre Cantin telephoned him and reprimanded him harshly; afterwards, informed on the 21st or 22nd of July, that Gaspé police officers and other persons, some of them searchers, were amazed at the familiarity, kindness, friendship that seemed to exist between Doyon and Wilbert Coffin, Mtre Cantin called Doyon again to let him know that he did not understand why Coffin was treated with as much familiarity and to advise him to be careful with him and to try to have him to come out with it. Then Mtre Cantin advised the Solicitor General that it appeared necessary, under the circumstances, to send, as this is often done, a superior officer of the Provincial Police to be in charge of the investigation.
Lieutenant Morel was first selected but unfortunately because of illness, he was not available ; then lieutenant Martin Healey of the Department of Criminal Investigations was chosen ; the latter was on vacation and was busy building his house, and asked to be exempted, this request was granted. Then Mtre Cantin and the Solicitor General chose captain Matte, after having considered lieutenants Morel and Healey. Against captain Matte’s objections, it was decided that he would go immediately ; foreseeing that the investigation would necessitate much travelling around the peninsula, Captain Matte insisted that he be assisted by Captain Raoul Sirois, a born Gaspesian knowing well the region and who was in charge of road traffic police. More that fifteen days had passed since the disappearance of the hunters had been reported and to date only one body had been found. Captains Matte and Sirois left on the evening of the 22nd of July and arrived in Gaspé the following day, two days before the member of Congress Van Zandt asked information, undoubtedly to please his constituents irritated by the sensational news coming from reporters hastily despatched to Gaspé and eight days before the Solicitor General receives the letter “so threatening” from the Canadian National Sportsmen’s Show.
Here is how that “most effective between “the though ones” began the search of his hanged man” under the pressure of American intervention!
At pages 42 and 43 of his book, Mr. Hébert, to better insult captain Matte, thinks fit to first praise his own investigator, the former sergeant Henri Doyon :
«Sergeant Doyon who was in charge of the investigation, behaved conscientiously; he never knowingly hid information that might have been useful to the law. Sergeant Doyon has proven simply that he was seeking the truth. Because, in this province, we require from the police that it places itself in the service of head hunters who are too often Crown attorneys, the spirit of law of sergeant Doyon could not influence the executioners appointed by the Department of the Attorney General. It was therefore logical that the investigation was taken away from him. That is what they did.
In the name of Cantin, Rivard and Duplessis, captain Matte became master of the situation.
This policeman was the living symbol of the government he served without asking questions, knowing well that it was the only way to reach the top.
Tough, brutal, and cynical, he was destined to a brilliant career in the Provincial Police of that time. »

The truth is that, because sergeant Doyon, in an unexplainable period of disorientation, « was at a standstill », captain Matte was asked without enthusiasm to go and help him.
I SHALL POST NEXT WEEK HOW THE CROWN ATTORNEYS WERE CHOSEN

COMMENT LES CAPITAINES MATTE ET SIROIS ONT ÉTÉ CHOISIS DANS L'AFFAIRE COFFIN






LE CHOIX DES CAPITAINES MATTE ET SIROIS
EXTRAIT DU RAPPORT BROSSARD
PARTIE VII, VOLUME 2, PAGES 417 ET SUIVANTES
SUR CERTAINS INCIDENTS MAJEURS DE L’AFFAIRE COFFIN

PRÉLIMINAIRES


La Commission a étudié, à ce jour, cette partie importante de la preuve touchant directement aux événements reliés aux meurtres des chasseurs et aux moyens invoqués à la défense de Coffin par ses défenseurs, avocats et autres : elle étudiera maintenant certains incidents majeurs de l’affaire.

Chapitre 1

LES «INTERVENTIONS ÉTRANGÈRES »

Et

LE CHOIX DES REPRÉSENTANTS DE LA COURONNE

Le choix des capitaines Matte et Sirois

Les capitaines Matte et Sirois ont décrit devant cette Commission dans quelles circonstances le mandat de conduire l’enquête policière sur la disparition des trois chasseurs américains leur fut confié. Leurs témoignages sur ce point furent entièrement confirmés par celui de Me Cantin qui était, à l’époque, Conseiller juridique au Département du Procureur général, mais agissait de facto comme Assistant Procureur général adjoint avec Me Frenette ; les fonctions de Me Cantin étaient plus spécialement de s’occuper des matières criminelles et, en particulier, des crimes majeurs ; c’est comme tel qu’il fut amené à s’occuper de l’affaire Coffin dès le début de cette affaire aux environs du 5 juillet 1953 ; à ces fins, il dut s’appuyer principalement sur les renseignements obtenus du sergent Doyon qui était en charge du poste de Gaspé, tel que les lui transmettait M. Henri Charland, alors assistant du Chef Lambert de la Sûreté à Québec ; M. Charland, à toutes fins pratiques, dirigeait toutes les enquêtes dans le district d’appel judiciaire de Québec comprenant la moitié de la province. Informé que jusqu’au 11 juillet, après que fut retrouvée la camionnette abandonnée des chasseurs, les seules personnes qui, jusque-là, étaient allées en forêt et avaient fait la découverte étaient des guides, gardes-chasse et gardes-pêche de la région de la Gaspésie, informé que le père de l’une des victimes se rendait sur place et que les journaux américains s’étaient eux aussi emparés de l’affaire et s’intéressaient évidemment au résultat des recherches entreprises, il fit donner des instructions au sergent Doyon d’accélérer les recherches et de ne pas laisser les chercheurs bénévoles travailler seuls et le fit informer que s’il avait besoin d’aide supplémentaire, le Département n’hésiterait pas à la lui donner. Informé quelques jours plus tard, par des rapports surtout verbaux de Doyon à Charland, que Doyon prétendait que trois cadavres avaient été découverts alors qu’un seul ne l’avait été à date et que Doyon déclarait que certains soupçons se portaient sur Wilbert Coffin, le dernier homme connu à rencontrer Eugene Lindsay, M. Cantin donna des instructions pour que le docteur Jean-Marie Roussel de Montréal et M. Maurice Hébert de Québec soient tous deux envoyés sur place (15 juillet 1953) ; il donna, le 17 juillet, des ordres à M. Charland pour que la vigilance et les activités soient redoublées afin que l’on ne taxe pas la Sûreté de ne pas faire son devoir et de l’abandonner à des mains étrangères agissant bénévolement ; inquiet des contradictions dans les rapports Doyon et de la lenteur avec laquelle l’enquête procédait, mystifié par un rapport de Doyon en date du 20- juillet qu’il ne croyait plus à un crime, mais croyait à un accident ou, s’il y avait eu crime, que le meurtre aurait été le résultat d’une chicane entre les trois chasseurs eux-mêmes, informé que pendant cette période importante Doyon serait allé à la pêche sur le terrain d’un club privé, Me Cantin prit le téléphone et fit des remontrances assez dures à Doyon ; puis, informé le 21 ou le 22 juillet, que les officiers de police de Gaspé et d’autres personnes, dont les chercheurs, s’étonnaient de la familiarité, de la complaisance, de l’amitié qui semblaient exister entre Doyon et Wilbert Coffin, M. Cantin rappela de nouveau Doyon pour lui laisser savoir qu’il ne comprenait pas que Coffin fut traité avec autant de familiarité et pour lui donner le conseil d’être prudent avec lui et d’essayer de lui faire vider son sac. Ce fut alors que Me Cantin avisa le Solliciteur général qu’il lui paraissait nécessaire, dans les circonstances, d’envoyer, comme cela se faisait souvent, un officier supérieur de la Sûreté pour aller diriger le travail.
Le choix s’arrêta tout d’abord sur un lieutenant Morel qui, malheureusement à cause de maladie, s’avéra n’être pas disponible ; il se fixa alors sur le lieutenant Martin Healey du Département des enquêtes criminelles ; celui-ci, qui était en vacances et était à se construire une maison, demanda à être exempté, demande qui lui fut accordée. C’est alors que le chois, par Me Cantin et le Solliciteur général, s’arrêta sur le capitaine Matte, après qu’on eut tout d’abord songé aux lieutenant Morel et Healy. Contre les objections du capitaine Matte, il fut décidé qu’il partirait immédiatement ; prévoyant que l’enquête exigerait beaucoup de déplacements à travers la péninsule, le capitaine insista pour qu’on lui nomme comme adjoint le capitaine Raoul Sirois, un Gaspésien de naissance connaissant bien la région et qui était en charge de la police de la route. Il y avait plus de quinze jours que la disparition des chasseurs avait été rapportée et à date un seul cadavre avait été retrouvé. Les capitaines Matte et Sirois se mirent en route dès le soir du 22 juillet et arrivèrent à Gaspé le lendemain matin, deux jours avant que le député Van Zandt demande des informations, sans doute pour faire plaisir à des électeurs énervés par les nouvelles sensationnelles en provenance de reporters dépêchés en vitesse à Gaspé et huit jours avant que le Solliciteur général reçoive la lettre « si menaçante » de la Canadian National Sportsmen’s Show.
Voilà comment ce « plus efficace d’entre les « durs » se mit à la recherche de « son pendu » sous la pression de l’intervention américaine !
Aux pages 42 et 43 de son volume, monsieur Hébert, pour mieux injurier encore le capitaine Matte, croit tout d’abord opportun de faire l’éloge de son enquêteur à lui, l’ancien sergent Henri Doyon :
« Le sergent Doyon, chargé de l’enquête au début, s’est conduit en homme consciencieux ; il n,a jamais sciemment caché des renseignements qui auraient pu être utiles à la Justice. Le sergent Doyon a donné la preuve qu’il cherchait la vérité, tout simplement. Parce que, dans cette province, on exige de la police qu’elle se mette au service des chasseurs de têtes que sont trop souvent les procureurs de la Couronne, l’esprit de justice du sergent Doyon ne pouvait influencer les exécuteurs de hautes œuvres, désignés par le Bureau du procureur général. Il était donc logique qu’on lui retire la direction de l’enquête. Ce que l’on fit.
Au nom de Cantin, Rivard et Duplessis, le capitaine Matte devenait le maître de la situation.
Ce policier était le vivant symbole du régime qu’il servait sans poser de questions, sachant bien que c’était la seule façon d’atteindre les premières places.
Dur, brutal et cynique, il était promis à une brillante carrière dans la Police provinciale de cette époque. »

La vérité est que, parce que le sergent, dans une période inexplicable de désorientation, « piétinait sur place », le capitaine fut, sans enthousiasme, appelé à lui venir en aide.
J’AFFICHERAI LA SEMAINE PROCHAINE LE CHOIX DES PROCUREURS DE LA COURONNE

8 avril 2008

BILL BAKER'S PICK-UP TRUCK THAT HE HAD LENT TO COFFIN













Bill Baker’s pick-up truck that he had lent to Coffin. From Montreal to Gaspé, it when from one ditch to another, to finally run into a tramway.
Centre d'archives de la Gaspésie/Musée de la Gaspésie. P123 Fonds Georges-Étienne Blanchard. Boîte 1.

LA CAMIONNETTE QUE BILL BAKER A PRÊTÉE À COFFIN










La camionnette que Bill Baker a prêtée à Coffin. D'un fossé à l'autre, de Gaspé à Montréal, elle a été finalement emboutie par un tramway.

Centre d'archives de la Gaspésie/Musée de la Gaspésie. P123 Fonds Georges-Étienne Blanchard. Boîte 1.

3 avril 2008

INTERVENTION DES ÉTATS-UNIS DANS L'AFFAIRE COFFIN


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SUR LES IMAGES
Voici la déclaration faite sous serment par
Ernest de W. Mayer, le Consul des États-Unis
à Québec,à l'été 1953, lorsque les ossements
des trois chasseurs américains furent
trouvés.



Lettre adressée, le 30 juillet 1953, à Van Zandt, membre du Congrès américain par le Département d'État des États-Unis.









EXTRAIT DU RAPPORT BROSSARD
PARTIE VII, VOLUME 2, PAGES 410 ET SUIVANTES
SUR CERTAINS INCIDENTS MAJEURS DE L’AFFAIRE COFFIN

PRÉLIMINAIRES


La Commission a étudié, à ce jour, cette partie importante de la preuve touchant directement aux événements reliés aux meurtres des chasseurs et aux moyens invoqués à la défense de Coffin par ses défenseurs, avocats et autres : elle étudiera maintenant certains incidents majeurs de l’affaire.

Chapitre 1

LES «INTERVENTIONS ÉTRANGÈRES »

Et

LE CHOIX DES REPRÉSENTANTS DE LA COURONNE

Dans son deuxième ouvrage « J’accuse les assassins de Coffin », monsieur Hébert a reproché en termes assez durs aux administrateurs provinciaux d’avoir été, dans le choix des policiers et avocats chargés respectivement des enquêtes policière et judiciaire, guidés par des mobiles politiques, mesquins et peu honorables. Je cite les passages suivants du chapitre 2 du livre :
Page 19

« le gouvernement provincial était plus soucieux de réparer en vitesse les dégâts causés par l’affaire à l’industrie touristique que de chercher la vérité. Pour M. Duplessis, il ne s’agissait pas d’un meurtre ordinaire, mais d’un attentat contre une source de revenus importante de la Province. Enfin, mes enquêtes récentes m’ont fourni la preuve que le gouvernement provincial a subi de très fortes pressions américaines, les unes venant même du State Department. »

p. 20 « Pour limiter les dégâts, il fallait - n’était-ce pas la moindre des choses ? – trouver rapidement le coupable de cet horrible meurtre, le punir comme il convenait en lui faisant payer de sa vie le triple assassinat. »
L’industrie touristique ne fut pas représentée au procès par un témoin à charge officiellement délégué par un syndicat d’initiative, une association d’hôteliers ou le ministère des Finances, mais l’ombre de ce témoin absent a certes plané sur le petit palais de justice de Percé. »
p. 21 « Ainsi, on n’a rien su dans le Québec des pressions, faites par la Pennsylvania Federation of Sportsmen’s Club qui comptait plus de 200 00 membres, dont plusieurs fréquentaient assidûment les lacs et les bois du Québec, dont les autres étaient susceptibles de venir un jour ou l’autre semer leurs dollars dans la province de M. Duplessis.
Cette puissance association connaissait son prestige auprès des autorités provinciales : dès qu’elle apprit la mort tragique de trois chasseurs de Pennsylvanie dans la brousse gaspésienne, elle n’hésita pas à intervenir et à faire savoir au procureur général qu’elle voulait de « l’action ».
p. 22 « Au cours de l’enquête, Van Zandt avait rendu publique une lettre que venait de recevoir du consul américain à Québec l’assistant du Secrétaire d’État John Foster Dulles. »

Voyons ce qui en fut de ces différentes questions.
Interventions étrangères
Les autorités judiciaires de la province subirent-elles des pressions étrangères quant à l’enquête policière sur la disparition des trois chasseurs américains ?
Il y eut certes quelques interventions, mais elles furent peu nombreuses et de caractère tout à fait normal et régulier.
Inquiétés par l’absence prolongée de leur fils, M. et Mme Claar communiquèrent, pour une première fois, avec la Sûreté provinciale à Gaspé le 5 juillet 1953, un mois par conséquent après le départ des trois chasseurs pour Gaspé. N’ayant pas reçu d’informations avant le 9, ils se mirent de nouveau en communication avec, cette fois, non pas la Sûreté, dont le sergent Doyon était en charge à Gaspé, mais avec une personne qu’ils savaient avoir déjà agi comme guide pour M. Lindsey, puis, partirent eux-mêmes pour Gaspé où ils se trouvèrent vers le 12 juillet et les jours suivants.
Apparemment, à la suite de nouvelles publiées dans les journaux locaux d’Altoona, Blair County Unit Federation of Sportsmen’s Clubs d’Altoona, Pennsylvanie, d’où étaient partis les chasseurs, s’avisa d’envoyer, le 22 juillet, à la Canadian National Sportsmen’s Show de Toronto, un télégramme comportant, entre autres, la demande suivante : « It was resolved that we appeal to you to lend support in any way you think possible in the efforts of the police and other searchers in solving the mystery of our three missing Pennsylvania hunters ; any efforts on the part of your organization in helping to bring quick action in clearing the mystery and seeing that justice is done will be greatly appreciated”.
Le 24 juillet, la Canadian national Sportsmen’s Show répondait à l’Association d’Altoona, entre autres choses, ce qui suit :
« While we will be only too glad to assist your Association in any way possible, we do not belive that our entry into the complicated situation in Québec would be proper, nor do we think that it is in any way necessary… In addition, we feel that the administration of these matters in the province of Quebec is in the hands of wese and capable officials, and while there might appear to be some confusion at the present time, we believe that you can rely upon them entirely for proper investigation and action and that adequate justice qill be handed out for any worongs or criminal actions that may have occurred. We believe that, in the long run, you will be quite satisfied with Québec and Canadian activities with reference to this entire situation.”
Le même jour, la Canadian National Sportsmen’s Show transmettait à M. Georges Léveillé, Directeur du Bureau provincial du tourisme, copie du télégramme reçu d’Altoona et copie de sa réponse à ce télégramme ; elle ajoutait :
« I do think that their wire was caused by a certain amount of hysteria and requires no action, but felt that you should be informed in this matter.”
Cette correspondance était transmise en date du 31 juillet 1953 à l’honorable Antoine Rivard, Solliciteur général. Il y avait déjà au-delà d’une semaine que les officiers supérieurs de la Sûreté de Québec étaient rendus sur les lieux.
Me C. E. Cantin nous déclara que sa décision à lui d’attacher une importance majeure à la cause Coffin ne fut pas le moindrement dictée, en aucun temps, par le Procureur général ou le Solliciteur général ni par des pressions exercées par la Pennsy.vania Federation of Sportsmen’s Clubs, le Consul américain, Ernest de W. Mayer, et un M. Van Zandt, membre du Congrès représentant la Pennsylvanie ; sa décision fut prise à raison du fait que l,affaire avait, sous la conduite du sergent Doyon, mal démarrée, que les cadavres n’ayant été découverts qu’un mois après la disparition de chasseurs et après leur assassinat probable éteint dans un état de décomposition excessivement avancée et que, de plus, c’était la première fois qu’on avait une preuve que des ossements avaient été déplacés et brisés par des ours, par des animaux sauvages. Cette décision de Me Cantin fut d’ailleurs prise avant l’échange de correspondance dont il a été ci-haut question et avant des démarches, apparemment par téléphone, d’ailleurs bénignes du Consul américain à Québec.
Quant à ces démarches du Consul américain, la Commission a obtenu de lui les informations suivantes :
À la suite d’une demande adressée par un M. Van Zandt, « house representative for Pennsylvanis », en date du 24 juillet 1953, le Départment du Secrétaire d’État aux États-Unis s’enquit de l’affaire auprès de son Consul à Québec et informa, M. Van Zandt en date du 30 juillet ainsi que suit :
« The Department has also been informed by the American Consul that the case is being closely followed by Sollicitor General Rivard and other high provincial officials who are confident that they will solve the crime despite the difficulties arising from the time lapse between the deaths on June 11 or 12 and the discovery of the bodies a month later. The Consul has been assured that this confidence is based on clues or evidence which cannot be presently disclosed.”
Quels étaient précisément les renseignements obtenus par le Consul et dans quelles circonstances?
Monsieur Mayer ne pouvant, à titre d’ancien consul, venir témoigner devant la Commission, nous avons obtenu de lui une déclaration assermentée, dans laquelle il nous a fait part des renseignements suivants :
A. « I am not sure that I learned of their (hunters) disappearance before learning of their death. If I did, it was throught newspaper reports.”

A. “I remember inquiring only once about the case of Québec Provincial officials…”

A. “To the best of my recollection, no special report about the matter was made at the time by me personally or by my office, but possibly routine forms entitled “Report of the Death of an American Citizen” were forwarded to the Department of State.”

A. “ I did not at any time bring such pressure to bear on the Government of the Province of Québec, or any of its representatives or police officers in order to find and bring to trial the party responsible for the death of the three American hunters.”

Q.”What did you do, when you learnt that one Wilbert Coffin had been arrested and charges with the murder of one of the hunters? Will you file all correspondence bearing on that subject, either with the Government of the Province of Québec and its officials, or with the U.S. State Department or the Pennsylvania Federation of Sportsmen’s Clubs?
A. “ I took no action at that time or subsequently.”
D’autre part, nous avons reçu du Secrétariat d’État aux affaires extérieures du Canada, en date du 14 avril 1964, copie d’une note de l’Ambassade des États-Unis se rapportant à l’affaire Coffin dans laquelle l’Ambassade précise ce qui suit :
« The United States Government has, of course, assured the Commission, throught the United States Consul General at Quebec, that United States authorities made no more than the normal representatios regarding the welfare of United States citizens. The United States Government would like to avail itself of this opportunity to state this assurance again.”
Voilà donc les fameuses pressions qui ont été exercées par le State Department des États-Unis sur l’honorable Maurice Duplessis, son gouvernement, le Solliciteur général, le Département du Procureur général et les policiers, voilà donc les piaffements d’impatience de la Pennsylvania Federation of Sportsmen’s Clubs sur lesquels l’auteur s’est basé pour attribuer à ces responsables de l’administration de la justice dans la province des mobiles mesquins, utilitaires et imaginaires ; je dis « imaginaire » car l’auteur n’a jamais été en contact, avant la rédaction de son livre, avec aucun des officiers que j’ai nommés ci-haut.
La dernière mesquinerie est la référence que fait l’auteur (Hébert), à l’appui de ses suppositions, à un article du magazine « Liberty » publié plusieurs mois après l’exécution de Coffin, en avril 1956. Comme si les sentiments et opinions personnelles d’un quelconque chroniqueur de ce magazine pouvaient représenter les opinions des administrateurs de la justice du Québec.