24 avril 2008

COFFIN S'ÉVADE DE LA PRISON DE QUÉBEC







L’ÉVASION DANS LA NUIT (RAPPORT BROSSARD, VOLUME 3, PAGES 518-525)

Un taxi attendait

Le 2 septembre 1955, l’honorable Juge Abbott de la Cour suprême rendait la décision par laquelle il refusait à Coffin la permission d’en appeler devant la Cour suprême de la décision finale de la Cour du banc de la reine de Québec.
Le 3 septembre 1955, Leslie Coffin et Weston Eagle obtenaient de Wilson MacGregor la déclaration dont nous avons longuement parlé au sujet de ce qu’il avait vu à l’arrière de la camionnette de Wilbert Coffin le 12 juin 1953.
Le même jour, madame Stanley, sœur de Wilbert Coffin et d’autres personnes obtenaient une série de reçus de gens qui prétendaient avoir fait à Wilbert Coffin des paiements au cours de la période qui précéda les événements tragiques de 1953. La chasse tardive à une nouvelle preuve destinée à obtenir un nouveau procès débutait pour tout de bon.
Or dans la nuit du 5 au 6 septembre 1955, vers les 1.30 heures du matin, Wilbert Coffin s’évadait de la prison de Québec, située dans le Parc des Champs-de-Bataille donnant sur la Grande Allée ; il retournait volontairement à la prison quelque deux heures plus tard.
Les événements qui se sont déroulés en dehors de la prison au cours de cette nuit ont fait l’objet devant nous d’une courte enquête.
Personne ne s’est enquis de ce qui s’était passé à l’intérieur des murs de la prison préalablement à l’évasion bien que le dossier complet de monsieur Eugène Létournean, directeur de la prison de Québec, eut été mis à la disposition de quiconque eut voulu obtenir des éclaircissements ; tout ce que nous savons, c’est que Coffin, pendant qu’il fut en dehors des murs de la prison avait un trousseau de clefs et un revolver « en savon » qu’il avait façonné de ses mains et qui lui aurait apparemment servi pour son évasion.
Quant à ce qui s’est passé une fois que Wilbert Coffin eut atteint la Grande Allée, nous avons eu des versions différentes sur des points importants ; il est cependant établi de façon certaine, qu’après avoir quitté la prison, Wilbert Coffin monta dans un taxi conduit par un M. Gaston Labrecque, qui, outre ses activités comme chauffeur de taxi se livrait à la lutte professionnelle, que Coffin se fit conduire tout d’abord à l’intersection de la route qui conduit au pont de Québec, puis de l’autre côté du fleuve, à la croisée de cette route avec la route Montréal - Rivière-du-Loup, qu’après une conversation avec Labrecque, qui put durer près d’une demi-heure, il se fit ramener à Québec chez Me Raymond Maher, à la demeure de ce dernier, d’où il fut conduit en compagne de Me Maher à la prison.
Le chauffeur Labrecque a donné de son voyage avec Coffin trois versions différentes : celle qu’il a donnée à un monsieur Napoléon Allard, sergent à l’un des postes de la Sûreté provinciale à Québec, la nuit même de l’évasion, l’affidavit qu’il a signé le lendemain 7 septembre 1955 chez Me Gravel qui l’avait rédigé, enfin le témoignage qu’il a rendu devant cette Commission. Entre ces trois récits, il y a des divergences assez intéressantes et importantes.
1. Dans sa déclaration au poste de police, Labrecque affirma que Coffin héla son taxi alors qu’il était stationné sur la rue Bourlamaque, près de la Grande Allée ; dans son affidavit chez Me Gravel, il déclara qu’il voyageait vers l’est sur le Chemin Ste-Foy, lorsque « I was asked for a pick-up by a man unknown to me. I stopped my car and I asked this customer where he wanted to go. His answer was that he wanted to reach Québec Bridge. I immediately took the direction of the bridge”. Devant cette Commission, le chauffeur Labrecque affirma qu’il était stationné à l’intersection de Chemin Ste-Foy et de la rue Bourlamaque, une intersection située plus d’un quart de mille au nord de celle de la rue Bourlamaque et de la Grande Allée, lorsque Coffin monta dans son taxi.
2. Les trois versions sont à peu près identiques quant au voyage qui s’accomplit entre le moment où Coffin monta dans le taxi et celui où le taxi eut atteint l’intersection de la sortie sud du pont de Québec et la route nationale Montréal – Rivière-du-Loup ; elles diffèrent cependant quant à la façon dont Coffin fit connaître à Labrecque son identité, quant au moment exact où il exhiba à Labrecque le revolver de savon qu’il avait sur lui et quant au caractère et à la durée de la conversation que Coffin et Labrecque échangèrent soit avant soit après que le revolver eût été exhibé.
3. Les trois versions sont uniformes sur le fait que Coffin aurait laissé voir qu’il ne savait pas où aller et sur le fait qu’éventuellement Coffin décida d’aller retrouver Me Maher pour finalement aller se remettre entre les mains de la Sûreté, mais elles sont sinon contradictoires, du moins, divergentes quant aux raisons qui amenèrent Coffin à prendre la décision de retourner à Québec ; tantôt il semblerait que ce soit Coffin qui aurait de lui-même exprimé le regret de sa fugue, tantôt il semblerait que ce soit Labrecque qui l’aurait persuadé de l’inutilité de sa fuite, tantôt que ce serait Me Maher qui l’aurait persuadé que son évasion pourrait être interprétée comme un aveu ; il n’apparaît pas, d’autre part, qu’en aucun temps de la conversation au cours du long arrêt de l’autre côté du pont de Québec Coffin n’ait le moindrement menacé Labrecque et que celui-ci ait pu en aucun temps éprouver quelque crainte que ce soit. Cependant, la version donnée par Labrecque, dans l’affidavit rédigé par Me Gravel, fut rédigée en des termes donnant clairement à entendre que Coffin s’était évadé dans un moment de désespoir, qu’il regrettait son geste et qu’à au moins deux reprises il avait manifesté à Labrecque son désir de retourner à la prison.
Est particulièrement caractéristique de la couleur que l’on chercha à donner à cet événement, dans l’affidavit signé chez Me Gravel, cette dernière allégation de l’affidavit : « Wilbert Coffin seemed to me to be an honest man and an gentleman and I cannot believe that he is a murderer ». Il y a pourtant dans l’Histoire Sainte de multiples exemples d’anges déchus.
Me Maher déclara avoir entendu Labrecque affirmer, au poste de la Sûreté, qu’il avait cueilli Coffin au coin des rues Grande Allée et Bourlamque, alors qu’il était stationné à 1.15 heure ou à 1.20 heure du matin à cet endroit peu fréquenté par des piétons à cette heure tardive.
On nous a également établi qu’à sa sortie de la prison Coffin était vêtu de ses vêtements de prisonnier et qu’il ne portait aucun pardessus.
Aucune preuve ne nous a été faite pour indiquer que lorsque Coffin héla le taxi de Labrecque, il courait ou qu’il ait été essoufflé en montant dans le taxi.
Il n’y a pas de doute, à notre avis, que Labrecque a cherché à nous induire en erreur en nous affirmant que Coffin était monté dans son taxi au coin du Chemin Ste-Foy et de la rue Bourlamque plutôt qu’au coin de la Grande Allée et de la rue Bourlamaque, qui est l’intersection la plus rapprochée de la prison de Québec.
Je ne puis cacher que je demeure perplexe devant les faits suivants : le hasard quasi providentiel qui a voulu, qu’à cette heure tardive de la nuite, le taxi de Labecque ait été stationné au coin de l’intersection la plus rapprochée de la prison de Québec, les variantes et les contradictions à ce sujet dans les trois versions de Labrecque, la facilité avec laquelle Coffin a pu prendre place dans le taxi de Labrecque sans que celui-ci ne se soit apercu qu’il portait des vêtements de prisonnier, le fait que Labrecque n’ait apparemment nullement été mis sur ses gardes par la manifestation par Coffin de son incertitude quant à l’endroit où il désirait se rendre avant que le taxi n’eut atteint l’autre côté du fleuve, l’absence apparente de nervosité de la part de Labrecque lorsqu’il apprit l’identité de son passager et lorsque celui-ci lui montra un revolver dont à ce moment Labrecque ignorait qu’il fut fait de savon, la décision rapide prise par Coffin, soit sur les conseils de Labrecque, soit de sa propre initiative, de se faire tout d’abord conduire chez Me Maher dans le but de retourner éventuellement à la prison, le fait que Coffin connaissait l’absence de Québec de Me Gravel, l’heureuse coïncidence que Labrecque ait connu, comme Coffin, et Me Gravel et Me Maher et que, de fait, il ait été lui-même un client de Me Gravel, et surtout la facilité avec laquelle Coffin a pu s’échapper de la prison, sans que, lorsqu’il fut cueilli par Labrecque il n’y ait eu apparemment qui que ce soit à sa poursuite, enfin la prompte utilisation que Me Gravel a pu faire des circonstances de cette évasion, lors de la visite que lui fit Labrecque dès le lendemain d’icelle, pour tenter de la transformer en une preuve indirecte de l’innocence de Coffin.
M. Hébert a consacré plusieurs pages de son volume à cet incident de l’évasion de Coffin ; enjolivant le récit, brodant autour des conversations de Coffin avec le chauffeur Labrecque et avec Me Maher, prêtant aux déclarations de Coffin un accent émouvant, interprétant l’entrevue que Coffin aurait eue avec le Gouverneur de la prison à son retour et son attitude lorsqu’il réintégra sa cellule, il écrit, dans un langage « flamboyant » ce qui suit :

P.93 « Est-ce un coupable qui, après avoir traversé le pont de Québec, s’arrête brusquement, hésite, discute, crie son innocence à un chauffeur de taxi au lieu d’utiliser ces minutes précieuses pour s’enfoncer dans les bois ?
Est-ce un coupable qui va encore demander conseil à un avocat qui, pourtant, l’avait si mal défendu ?
Est-ce un coupable qui, sur le conseil de cet avocat, reprend le chemin de sa cellule dont il ne devait logiquement sortir que pour aller à l’échafaud ? »

Le malheur est que M. Hébert a oublié ou a ignoré certains des faits que je viens d’énumérer et qui donnent à cette escapade une couleur assez différente; l’affidavit de Labrecque préparé par Me Gravel l’a bien servi ; comme l’a bien servi d’ailleurs un récit moins enjolivé de l’évasion par Edward Belliveau, (pp. 96 and 97) ; il est curieux cependant qu’il n’ait pas cru bon de parler de la théorie que, d’après M. Belliveau, Me Paul Miquelon, le procureur de la Couronne, aurait émise sur l’évasion, et qui était au moins aussi défendable que celle de MM. Belliveau et Hébert.
Quoi qu’il en soit, il ne peut y avoir aucun doute, certes, que ni Me Maher, ni Me Gravel qui était, lors de l’évasion, à La Malbaie, n’aient pu avoir quoi que ce soit à faire avec cette évasion.
Cette évasion fut-elle cependant aussi spontanée et le retour de Wilbert à la prison fut-il lui même aussi spontané que Labrecque a voulu, surtout, par l’affidavit rédigé par Me Gravel, nous le laisser entendre ? Les circonstances que je viens de décrire ne peuvent que laisser subsister dans mon esprit un doute sérieux à ce sujet.

20 commentaires:

Anonyme a dit...

Me Fortin ,
Félicitations pour votre récent docu-roman ; je viens tout juste d'en terminer la lecture .J'espère que votre éditeur en publiera une version en anglais sous peu , cà évitera bien des tergiversations
qui ont malheureusement encore cours présentement dans le milieu anglophone relativement au triste affaire Coffin . Votre neutralité
y est d'évidence perceptible ,
contrairement au préjugé qu'éveille le titre-question
'' L'Affaire Coffin : Une supercherie ???

Anonyme a dit...

Me Fortin ,
Qu'en est-il ressortit
de la rencontre à Matapedia entre Me Maher et
Theodore Ernest Arnold le propriétaire d'une Jeep immatriculée en Pennsylvanie et au Nouveau-Brunswick ?

Anonyme a dit...

Me Fortin ,
Quelle était la théorie de Me Paul Miquelon relativement à l'évasion de Coffin ?

Anonyme a dit...

En plus d'être drôle, l'évasion de Coffin a toutes les apparences d'un coup monté par ses avocats, car en regagnant la prison comme un bon garçon, Coffin amènerait les gens à penser qu'il est innocent.
C'est le cas de le dire, Gravel et compagnie ont essayé de nous passer un savon.

Captain Marvel

Clément Fortin a dit...

La rencontre à Matapédia a eu lieu entre l’avocat Maher et le reporter photographe du Toronto Evening Telegram John MacLean. Ensemble, ils se sont rendus au Nouveau-Brunswick. Ils étaient à la recherche d’une jeep appartenant à Theodore Ernest Arnold, un ami du père de MacLean. Finalement, Maher et MacLean en sont venus à la conclusion que ce ne pouvait pas être la jeep que Coffin avait prétendu avoir vue. Pour plus de renseignements à ce sujet, je vous réfère à mon livre.

Clément Fortin a dit...

Je crois que Me Paul Miquelon croyait qu'il s'agissait d'un coup monté. Prenez cette réponse sous réserve. J'essaie de retracer la source de cette information. Dès que je l'aurai fait, je vous donnerai une réponse avec documents à l'appui.

Mr. Boucher a dit...

Mr Fortin,
now the proofs they come out. those mining claim they all phonys. I see now what you say they gave phony recepts to look like they pay Coffin money to make it look like he had money very crafty on their part but also very crafty on fortins part.

Boucher
Quebec

Anonyme a dit...

Me Fortin,
réf: jeep
Theodore Ernest Arnold , un américain qui fait affaire au Nouveau-Brunswick possède un jeep qui correspond à la description que Coffin a fait du véicule présent lors de sa dernière rencontre avec les américains.
Ce véhicule est enregistré en Pennsylvanie et au Nouveau-Brunswick , donc il porte 2 plaques d'immatriculation.
M. Arnold , propriétaire du véhicule peut donc facilement donner ces # de plaques et simplement en vérifiant la liste d'inventaire de ses véhicules ,les utilisateurs doivent faire un compte de dépenses chaque semaine ordinairement , savoir où le localiser ,avec quelle équipe , quel chantier.
Mention est faite que Me Maher et MacLean ont interviewer une cinquantaine de personne mais aucune mention qu'ils en ont fait la démarche auprès d'Arnold , celui qui aurait pû facilement leur donner l'information .
Croyez pas ???

Anonyme a dit...

Mr Fortin

Pour sûr la famille Coffin et leurs amis ont débuté une chasse tardive pour essayer , par tous les moyens possibles , de sauver leur frère de la pendaison .Ils n'avaient plus d'argent , ils avaient hypotèquer leur maison ,ils ne pouvaient même plus se payer d'avocats , Me Gravel et Me Maher n'avaient plus de fonds pour entamer d'autres actions légales . Leur frère a été pendu tel que décrété par la loi mais eux et beaucoup d'autres en Gaspésie et ailleurs espèrent toujours blanchir son nom et redonner l'honneur à son fils , sa famille , sa parentée et à toute la Gaspésie en général ,
tous ceux qui ont souffert avec lui cette descente aux enfers .
Qu'avaient et qu'ont encore ces pauvres gens ? L'espoir et la foi,la venue d'un évênement ou d'une dénonciation , d'un remord
tardif du ou des vrais coupables .
Du désespoir renaît l'espoir de la bonne nouvelle.
merci

D Holmes a dit...

I just started reading about the Coffin affair some months back on another web site and they were looking for the existence of these mining claims. Explain this to me please, are you now saying that they were non existent that his sister was just getting receipts so that he could show that he had money.

Was he in the habit of having no money?

Is this why the claims never showed up? Please answer my question on this as it is important for me in order to follow the story.

You are a super detective sir.

D Holmes
Riviere du Loup

Clément Fortin a dit...

Mr. D. Holmes of Rivière-du-Loup or whoever is hiding behind that name
Look at the archives on my blog. You will find information on Coffin’s mining claims. Let me remind you that I only report on this blog the facts that have been proven before our courts of law and the Royal Commission of Enquiry in the Coffin Affair in accordance with the laws of the land. I am not carrying a police investigation. This is beyond my competence.

Anonyme a dit...

M. Fortin dit:
"Le même jour, madame Stanley, sœur de Wilbert Coffin et d’autres personnes obtenaient une série de reçus de gens qui prétendaient avoir fait à Wilbert Coffin des paiements au cours de la période qui précéda les événements tragiques de 1953."

"The same day, Mrs. Stanley, Wilbert Coffin’s sister and other persons, obtained a series of receipts from people who pretended having made to Wilbert Coffin payments before the tragic event of 1953."

M. Fortin
J'ai, ici, en ma possession les cartes des claims qui ont été faites par Wilbert Coffin, ainsi que la liste initiale des noms des personnes qui ont payé et a tenu des claims miniers en leur noms- par Wilbert Coffin. Vous insulte non seulement la famille Coffin avec la déclaration ci-dessus, mais tous les Gaspésiens!

M. Fortin
I have in my possession the original map of all Claims staked by Wilbert Coffin on behalf of several Gaspésians, as well as the original list of names of the people who paid Mr Coffin to stake claims on their behalf. Instead of relying on a ' study' of the trial transcripts of this case, you should be doing proper investigative work before making statements like the ones you made above.YOU INSULT NOT ONLY THE COFFIN FAMILY BUT ALL GASPÉSIANS!
Ms. Baker

Clément Fortin a dit...

Madame Baker,
Je vous réfère aux textes que j’ai publiés sur ce blogue le 16 février 2008 intitulés CONCESSIONS MINIÈRES ET L’ARGENT DÉPENSÉ PAR COFFIN et la traduction COFFIN’S MINING CLAIMS AND EXPENSES. Ce sont des extraits du rapport de la Commission Brossard. Je suis un Gaspésien de naissance. Il n’est pas de mon propos d’insulter qui que ce soit.

Ms. Baker,
I refer you to my postings of February 16th 2008 titled CONCESSIONS MINIÈRES ET L’ARGENT DÉPENSÉ PAR COFFIN and the translation COFFIN’S MINING CLAIMS AND EXPENSES. They are excerpts from the report of the Brossard Commission. I was born in the Gaspé peninsula. It is not my purpose to insult anyone.

Clément Fortin a dit...

Je vous réfère aussi au rapport Brossard, volume 1, pages 201 à 212. Monsieur Arnold a témoigné devant la Commission. Vous trouverez dans ces pages des réponses à vos questions. Le juge Brossard donne les tenants et aboutissants de cette jeep. Il serait trop long de reproduire ce texte ici.

Anonyme a dit...

M. Fortin
If you do not wish to insult people, you should not be using phrases such as "people who pretended having made to Wilbert Coffin payments before the tragic event" To say that people 'pretended' is to say that they were not being truthful in providing those receipts... and that is an insult which has many offended!!!
Ms. Baker

Clément Fortin a dit...

Ms. Baker,
I am just quoting justice Brossard. I reproduce textually what he wrote in his report.

A Serwa a dit...

Don't try to shift the blame on this Justice Brossard. You are the one who is making the cocky statements. You have done no investigation whatsoever, when someone checks you on that your come back is the same, that you are not doing a police investigation. No one said you are, but if something is untrue then you should be checking it further. Your only agenda is this book that you wrote.

You may have been born in the Gaspe' peninsula, but you are fast becoming an insult to the folks who live here.

A Serwa

S Sanders a dit...

Mr. Fortin,
I was planning to purchase a copy of your book. Now that I see what you are trying to peddle, no thank you. You are making very rude and uncomplimentery statements affecting a lot of good people.

You have not researched your material in any way. Of course a conviction was arrived at when so much evidence was held back, and now you write this stuff as if it is the gospel truth. No way Soir, that is not for me.

I have just sent off an e-mail to your publisher and stated the same thing, explaining why I WOULD NOT BUY YOUR BOOK.

S Sanders
Calgary

Susan a dit...

Do you know how or if Eugene Lindseys truck was returned to the United States?
Probably not, but I was just curious.

Susan
Perth Andover

Clément Fortin a dit...

Usually the things that belonged to the victims are returned to their family.